vendredi 22 février 2019

La biodiversité, si cruciale pour notre alimentation et notre agriculture, disparaît de jour en jour

La FAO (1) publie le tout premier rapport mondial sur l'état de la biodiversité qui sous-tend nos systèmes alimentaires
De nombreuses espèces associées à la biodiversité, telles que les abeilles, sont gravement menacées.

22 février 2019, Rome - Le premier rapport du genre sur l’état de la biodiversité pour l’alimentation et l’agriculture présente des preuves de plus en plus tangibles et inquiétantes que la biodiversité qui sous-tend nos systèmes alimentaires est en train de disparaître, menaçant gravement l'avenir de notre alimentation, de nos moyens de subsistance, de notre santé et de notre environnement.
Une fois perdue, prévient le rapport de la FAO diffusé aujourd'hui, la biodiversité pour l'alimentation et l'agriculture -- c'est-à-dire toutes les espèces qui sous-tendent nos systèmes alimentaires et soutiennent les personnes qui cultivent et/ou produisent notre nourriture - ne peut plus être récupérée.

La biodiversité pour l'alimentation et l'agriculture comprend toutes les plantes et tous les animaux –sauvages et d’élevage – qui fournissent de la nourriture aux humains, des aliments pour les animaux, des combustibles et des fibres. C'est aussi la myriade d'organismes qui soutiennent la production alimentaire par le biais de services écosystémiques et qu’on appelle la «biodiversité associée». Cela inclut toutes les plantes, animaux et micro-organismes (tels qu'insectes, chauves-souris, oiseaux, mangroves, coraux, herbiers, vers de terre, champignons et bactéries du sol) qui maintiennent la fertilité des sols, pollinisent les plantes, purifient l'eau et l'air, gardent les poissons et les arbres en bonne santé, et combattent les parasites et les maladies des plantes et du bétail.
Le rapport, élaboré par la FAO sous la direction de la Commission des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture, examine tous ces éléments. Il s’appuie sur les informations fournies spécifiquement pour son élaboration par 91 pays et sur l'analyse des dernières données mondiales.

«La perte de la biodiversité pour l'alimentation et l'agriculture compromet sérieusement notre capacité à alimenter et à nourrir une population mondiale en croissance constante. Cela réduit notre efficacité face aux défis croissants du changement climatique et limite notre capacité à cultiver sans nuire à l’environnement», a déclaré notamment M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.

«Moins de biodiversité signifie que les plantes et les animaux sont plus vulnérables aux parasites et aux maladies. En plus de notre dépendance à l’égard d’un nombre décroissant d'espèces pour nous nourrir, la perte croissante de la biodiversité pour l'alimentation et l'agriculture met en péril notre sécurité alimentaire déjà fragile», a encore dit M. Graziano da Silva
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                                                          Lecture proposée par Marc Treboux.


(1) Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) est l’agence spécialisée des Nations Unies qui mène les efforts internationaux vers l’élimination de la faim.

mardi 22 janvier 2019

Les nappes phréatiques: de potentielles "bombes à retardement"

L'alimentation des nappes phréatiques va se trouver elle aussi affectée par le dérèglement climatique, met en garde une étude.

(ATS/AGIR, 22.01.2019) - Les eaux souterraines sont aujourd'hui la première source d'eau potable de la planète, et deux milliards de personnes en dépendent pour boire ou pour l'irrigation. Une nappe phréatique se remplit lentement grâce aux précipitations, un phénomène appelé "recharge", et se décharge dans les lacs, les rivières ou les océans pour trouver un équilibre.

Ces réserves sont déjà sous pression de l'explosion de la population mondiale et de la production agricole qui lui est liée. Mais les événements météorologiques extrêmes (sécheresses, précipitations record...), qui se multiplient avec le réchauffement de la planète, pourraient avoir un effet à long terme sur la vitesse de réapprovisionnement des nappes, selon une étude publiée dans la revue Nature Climate Change.

"Les eaux souterraines, on ne les voit pas et on n'y pense pas. Mais cette immense ressource cachée soutient la production alimentaire mondiale", commente Mark Cuthbert, de l'Université de Cardiff. "Ce qui se produit aujourd'hui va avoir un effet de latence vraiment important". Le chercheur et son équipe, qui ont utilisé des modèles informatiques et bases de données sur les nappes, estiment que d'ici 100 ans, seule la moitié des réserves d'eaux souterraines pourrait se recharger totalement ou se rééquilibrer. Ce qui pourrait conduire à des pénuries dans les lieux les plus secs. "On peut parler de bombe à retardement environnementale, parce que les effets actuels du changement climatique sur les recharges feront sentir pleinement leurs conséquences sur les reflux vers les rivières et zones humides beaucoup plus tard", souligne Mark Cuthbert.

Le volume global des précipitations pose problème, tout comme l'intensité trop forte des épisodes, note Mark Cuthbert. Selon les chercheurs, les réserves souterraines des zones arides mettent plus longtemps --parfois des millénaires-- à réagir aux changements climatiques que celles des zones plus humides. "Certaines parties des nappes phréatiques sous le Sahara réagissent aujourd'hui au changement climatique d'il y a 10'000 ans, quand la région était beaucoup plus humide", précise enfin le chercheur.

Auteur : ATS/AGIR

Hydrosphère et climat/AGIR, transmis par Luc Recordon