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mardi 23 avril 2019

Films « L'appel du glacier » & « Au coeur des Grangettes »


Tous ceux qui n'ont pas pu venir à l'AG peuvent quand même partager le bon moment du film « L'appel du glacier », en cliquant sur les liens donnés plus bas. 
Ce film, particulièrement adapté à l'initiative pour les glaciers que nous soutenons, et un deuxième sur la réserve des Grangettes, sont réalisés par Teenergy production dans un but éducatif. Ils ont été présentés à Montreux à l'occasion de la journée internationale des zones humides en février. Ils représentent le début d'une série de 11 qui mettent en valeur chacun des sites humides RAMSAR de Suisse.
Le premier film de 15', « L'appel du glacier » réalisé par Hassan Lakhdar, Teenergy Productions, évoque les changements climatiques et a été tourné au glacier du Rhône. Il a été produit en partenariat avec l'OFEV, les cantons de Vaud et du Valais, Ramsar et la Mava, en étroite collaboration avec Pierre Goeldlin et Martine Rebetez, membres de la Commission scientifique de Gpclimat. Il met en scène deux jeunes à la découverte d’un glacier en recul et d’une plaine alluviale.

Ces films sont principalement destinés aux jeunes. Ils méritent d'être vus en famille et diffusés largement.
Le 2ème film de 26': « Au coeur des Grangettes »

jeudi 28 mars 2019

28.03.2019 Nature - Lectures de Jacques

28.03.2019 Nature 567, 7749

-438. GEOTHERMIE, ÉNERGIE, RISQUE, TREMBLEMENTS DE TERRE. GPclim

Géothermie et tremblements de terre. Il faut faire attention. (Seven days)
Une centrale de géothermie, qui favorise la montée d’eau chaude en injectant un fluide dans la roche profonde (comme ce fut le cas à Bâle), a induit le tremblement de terre (5,4) le plus dommageable (200 millions) de l’histoire moderne en Corée du Sud.
En principe, c’est très bien la géothermie, mais il va falloir que les géologues assurent la maîtrise de leurs failles.

-442-3. GLACIOLOGIE, PALEOCLIMAT, ANTARCTIQUE. GPclim

Le carottage des glaces arctiques nous a révélé 800'000 années de climat. Très précieux. Revenir plus en arrière est difficile parce que, en arrivant à cette époque, on touche le fond. Il faisait chaud. Fini la glace. Non, pas tout à fait. Quand la nouvelles glace a commencé à se déposer il y a 800'000 ans, il restait de la glace par endroit. C’est cette glace fossile, sous la glace récente, qu’il s’agit d’aller creuser. Sous le dôme C de l’Est-Antarctique à 2,7 km, elle devrait dater de 1,5 million d’années. Deux équipes se préparent à creuser, les Européens (avec nos Suisses ?) et les Australiens.
Peut-être comprendra-t-on mieux pourquoi le cycle climatique de 100'000 ans que nous révèlent les glaces semble avoir été précédé d’un cycle de 40'000 ans.

-451-4. ÉCONOMIE, CONSERVATION, FORÊT TROPICALE, SOJA. Antoine, GPclim

jeudi 26 juillet 2018

CLIMAT, GLACIATION, DERNIER MAXIMUM GLACIAIRE, NIVEAU DES OCÉANS. - 487 - 8 (commentaire), 603 - 607 (article).

Lectures de Jacques Dubochet :  26.07.18. Nature 559, 7715

Épisode de rapide variation du niveau de la mer durant la dernière grande glaciation.

Je peine à voir clair dans la relation entre le niveau de la mer et le volume des calottes glaciaires. Les falaises des océans autour du monde nous indiquent que la mer est quelquefois une 100-aine de mètres au-dessus du niveau actuel ; on apprend aussi que le volume de glace de l’Antarctique correspondrait à une élévation de 61m de tous les océans ; etc. Mais tout cela n’est pas simple. D’abord, on se rappelle que la glace flottante ou fondue ne change rien au niveau des océans ; c’est Archimède. Ensuite, on sait que les continents flottent sur la croute terrestre. Ils montent et descendent comme des yoyo suivant l’épaisseur de glace qui y est accumulée. Bref, il n’est pas facile de savoir ce que devient le niveau de la mer en un lieu particulier en fonction de l’état de glaciation. 

Le présent article apporte quelques bonnes données. Les auteurs déterminent la variation du niveau global de la mer en Australie, très loin des glaces, en mesurant les profondeurs auxquelles vivaient et mouraient les coraux à l’époque précédant la fin de la dernière grande glaciation, c’est à dire il y a un peu plus de 20'000 ans. À cette époque la concentration en CO2 était de 100 ppm (le quart de la valeur actuelle) et la température était de 3 à 5 degrés plus basse qu’aujourd’hui. 

Le résultat surprenant et que, il y a 22'000 ans, le niveau de l’océan est descendu de 17m en 500 ans - c’est-à-dire plus de 3cm par année  – avant que ne commence la montée de la grande déglaciation. En 10'000 ans le niveau des océans est ainsi monté de 130m environ à un rythme moyen d’un peu plus de 1cm/an. Le niveau de l’océan s’est ensuite stabilisé jusqu’à ce dernier siècle sous l’effet de l'échauffement climatique que l’on connaît. 

Deux choses m’impressionnent dans ce résultat. 
-          Il confirme ce que l’on savait déjà : un refroidissement de 3-5° a des effets bouleversants sur ce que la Terre offre à la vie. Le réchauffement de 3 – 5° qui nous pend au nez aurait des effets différents, mais, probablement, pas plus faciles à digérer.
-          Quand le climat s’emballe, le changement peut être rapide. Dans le cas étudié, le changement du niveau de la mer a été 10 fois plus rapide que ce qui s’amorce dans l’autre sens actuellement. Ça promet !

Whitehouse, P. (2018). Ancient ice sheet had a growth spurt. Nature, 559(7715), 487-488. doi:10.1038/d41586-018-05760-3

jeudi 14 juin 2018

ANTARCTIQUE, CHANGEMENT CLIMATIQUE, GOUVERNANCE - 161, 199 – 241.


Lectures de Jacques Dubochet : 14.06.18. Nature 558, 7709.

Le point sur l’Antarctique. 

Un éditorial et cinq gros articles sur l’état d’une masse de glace qui contient plus de 60% de l’eau douce de la Terre (y compris les nappes phréatiques) et dont l’histoire est écrite mieux que n’importe où ailleurs dans les forages qui portent actuellement sur 800'000 ans et, peut-être bientôt, sur 2 millions d’années. L’article par Brook et Buizert fait le point.

Le traité sur l’Antarctique de 1959 avait assuré une paix relative sur ce continent où il n’y avait rien à tirer – hormis la pêche – mais où tous les puissants – USA en tête – voulaient garantir leur position – on ne sait jamais. Seule la recherche est autorisée. Toute exploitation du sol est bannie jusqu’en 2048 au moins. Le traité ne fonctionne que par la bonne volonté des 53 nations signataires qui ont toutes droit de véto sur les décisions. La limite du traité est évidente , par exemple, par la façon dont les Japonais narguent l’interdiction de pêcher dans le territoire.

Pourtant la situation est en train de changer en raison de l’attrait touristique – eh oui, cela semble peu de chose, mais cela représente une nouvelle façon de voir le continent - et parce que le continent est en train de se dégager sous l’effet de l’échauffement climatique. Dans les siècles et millénaires avenir, il sera le principal contributeur à l’élévation du niveau des océans que l’on peut prévoir entre quelques mètres, si le monde applique les mesures sévères convenues à Paris ou, près de 100m si nous laissons le climat nous échapper complètement. Dans ce cas, la Hollande n’existera évidemment plus et, de Paris, il restera une mini-ile à Montmartre. La différence entre ces deux possibilités est significative(!). L’inéluctable montée de quelques mètres est la conséquence de l’activité humaine durant le siècle passé. Continuera-t-on vers 100m ? L’article par Rintoul et al. analyse comment les actions de ces prochaines décades feront la différence.

L’Éditorial conclut à la nécessité de redéfinir la gouvernance de ce continent. Le défi est exemplaire. Il nous dira sans échappatoire comment et combien nous sommes capables de gérer le « vivre ensemble » sur la Terre.

Éditoriale. Reform the Antarctic Treaty. (2018). Nature, 558(7709), 161. doi:10.1038/d41586-018-05368-7

Brook, E. J., & Buizert, C. (2018). Antarctic and global climate history viewed from ice cores. Nature, 558(7709), 200-208. doi:10.1038/s41586-018-0172-5