lundi 1 juin 2020

L'actualité scientifique de Jacques en avril 2020

02.04.20 Nature 580, 7801
TROU D'OZONE, ARCTIQUE.
-18-19.  L'affaire du trou d'ozone n'est pas finie.

Surprise de printemps ! Un grand trou d'ozone s'est formé autour du pôle Nord. Quoi que rare, ce n'est pas la première fois qu'apparaît un tel phénomène (1997, 2011), mais le présent trou est en voie de dépasser tout ce qui a été observé précédemment au nord (voir fig. ci-dessous).
Est-ce dramatique ? Le court rapport ne semble pas en faire un caca nerveux, car, pour le moment, le trou est hors des zones peuplées, mais cela pourrait changer et devenir compliqué pour les populations concernées.
Quoi qu'il en soit, le monde reste avec un problème de molécules halogènes que l'on n'arrive pas à éliminer, malgré le Protocole de Montréal. D'une part, ce protocole n'a jamais pris en compte les installations existantes qui, vieillissantes, laissent fuir des quantités significatives de polluants (Nature 579, 7800, 472, éditorial). De plus, des sources de pollution localisées, mais importantes ont été observées par satellites ces dernières années. Il s'agit probablement de production illégale. C'est à la Chine d'y mettre bon ordre. Elle y a tout intérêt.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir
Decades-old refrigerators and insulation from buildings are leaking ozone-destroying chemicals: nations must act. (2020). Nature, 579(7800), 472. doi:10.1038/d41586-020-00883-y

BIOLOGIE CONSERVATION, BIOLOGIE MARINE, ENVIRONNEMENT
39-51 Restaurer la vie marine. 

Le point sur le 14 e but de l'ONU pour le développement durable. Un gros article de synthèse sur l'état de la vie marine et les possibilités de la restaurer d'ici 2050.
Cet article étonne. Il fait comprendre que l'état de la vie marine s'était profondément dégradé jusqu'en 2e partie du siècle passé. Depuis, les mesures prises ont significativement amélioré la situation. Le point le plus bas était atteint dans les années 1980 comme le résume la figure. Depuis, les mesures de contrôle de la pêche ont eu de l'effet; la pollution côtière est mieux contrôlée ; on a pris conscience du rôle néfaste de la déforestation dans le rejet de matériel terrestre vers la mer ; la concentration de polluants organiques persistants est en diminution sensible – même dans l'Arctique ; les zones marines protégées représentent actuellement 10% de la surface des océans et les traités signés promettent 30% en 2037 et 50% en 2044. Et puis, on constate que quand un biotope est laissé à l'abri de l'action humaine, il se restaure rapidement. On l'a observé par exemple dans bien des régions durant la 1ère et la 2ème guerre mondiale. Surtout, on constate que les actions de restauration réussissent souvent, par exemple dans le delta du Mékong. En 2 ou 3 décades, presque n'importe quel système peut être restauré.


Bref tout irait dans la bonne direction si ce n'était l'échauffement climatique, la pollution par les plastiques et certains produits chimiques de synthèse.
Que dire ? Avant cette lecture, je pensais que l'état de conservation des océans se dégradait globalement et terriblement parce que, dans tout ce qu'on lit ailleurs, il n'est question que de catastrophe sur catastrophe. De deux choses l'une. Ou bien cet article est un pamphlet de propagande ONUsienne (la liste des auteurs et de leurs institutions en fait douter) ou bien l'image générale portée par les médias est biaisée vers ce qui ne va pas. C'est bien ce que prétend Pinker (2011). J'ai vu passer rapidement quelques articles qui tiennent le même discours. Il vaudra la peine d'y aller voir. Cela pourrait être bon pour le moral.
Pinker, S. (2011). The better angels of our nature: Why violence has declined: Viking.
Duarte, C. M., Agusti, S., Barbier, E., Britten, Gprofo. L., Castilla, J. C., Gattuso, J. P., Worm, B. (2020). Rebuilding marine life. Nature, 580(7801), 39-51. doi:10.1038/s41586-020-2146-7

09.04.20 Nature 580, 7802
FORÊT, CO2, FERTILISATION, CYCLE DU C, ÉCOLOGIE, BIOLOGIE
-191-2 (commentaire), 227- 231.  Les écolos, Timon.
L'augmentation de la teneur en CO2 augmente-t-elle la fixation de C par la forêt ?

Dans le no. du 5 mars, il était question du puits de C que représente la forêt tropicale. Les nouvelles n'étaient pas bonnes. Ici, il s'agit de savoir si l'augmentation de la concentration en CO2 dans l'atmosphère favorise la croissance des arbres, augmentant ainsi la fixation de C par la forêt, tropicale en particulier. Le résultat ne fait pas plaisir.
Étudiées en laboratoire, les plantes fixent davantage de C, quand l'air dans lequel elles poussent est plus riche en CO2. C'est vrai, c'est constaté. Est-ce aussi vrai pour les arbres d'une forêt tropicale ? La question est facile à poser. Y apporter une réponse expérimentale est une grosse affaire. L'expérience FACE (Free air CO2 enrichement) a été réalisée pendant 4 ans en Australie avec des moyens considérables dans une forêt d'Eucalyptus, naturelle depuis 90 ans, dans laquelle la concentration de CO2 a été artificiellement augmentée de 38% par rapport à la concentration atmosphérique normale. Le résultat est décevant. L'augmentation de la fixation n'est que de 12% ce qui est à la limite inférieure de toutes les estimations précédentes. Les auteurs concluent que leur résultat nécessite de revoir à la baisse la façon dont les modèles de prévision climatique incorporent l'atténuation de l'effet de l'augmentation du CO2 atmosphérique par la croissance végétale. Toutefois, la discussion de cet article fait remarquer que ces résultats doivent être pris avec prudence tant que l'on ne comprendra pas pourquoi les différents résultats obtenus jusqu'ici dépendent tellement de l'échelle à laquelle se fait la mesure. Un écosystème est plus vaste qu'une plante, elle-même plus vaste qu'une cellule.
Luo, Y., & Niu, S. (2020). Mature forest shows little increase in carbon uptake in a CO2-enriched atmosphere. Nature, 580(7802), 191-192. Retrieved from https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/32269347. doi:10.1038/d41586-020-00962-0
Jiang, M., Medlyn, B. E., Drake, J. E., Duursma, R. A., Anderson, I. C., Barton, C. V. M., . . . Ellsworth, D. S. (2020). The fate of carbon in a mature forest under carbon dioxide enrichment. Nature, 580(7802), 227-231. Retrieved from https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/32269351. doi:org/10.1038/s41586-020-2128-9


16.04.20 Nature 580, 7803

ÉNERGIE, ÉCONOMIE,
-307 Research highlights. Les écolos
Pour diminuer son empreinte carbone les bons trucs sont : 3) Manger Vegan, 2) Mettre des panneaux solaires sur son toit mais surtout 1) renoncer à la voiture.
Environ. Res. Lett. http://doi.org/drfd(2020)

23.04.20 Nature 580, 7805
ÉCOLOGIE, CLIMAT, TEMPÉRATURE
-444 – 446. Feature. Pour ceux intéressés à l'avenir climatique.
De combien la Terre va-t-elle se réchauffer d'ici 2100 ?

En 1989 un groupe d'experts s'est réuni en Hollande pour réfléchir en commun à la modélisation climatique. Il s'agissait alors de préparer la première conférence du GIEC prévue l'année suivante. Depuis lors, les efforts de modélisation du climat sont devenus un aspect essentiel de l'activité du GIEC. Au départ, il s'agissait essentiellement d'un problème scientifique. Pourtant, avec l'activité croissante des négationnistes du climat, l'aspect politique est devenu de plus en plus compliqué. Ainsi, en 2006, à cause de la pression des USA et de quelques autres pays, on s'efforça de ne plus parler de scénario de développement, mais d'en rester à un ensemble de courbes associées à différentes hypothèses géophysiques.
Mais le GIEC ne peut pas travailler sérieusement ainsi. En 2010, un groupe conduit par Richard Moss établit 4 scénarios « Representative Concentration Pathways » (RCPs). Comme ils le disent eux-mêmes, il ne s'agit pas de prévoir l'avenir, mais d'essayer de comprendre les risques liés à l'évolution du climat. Par contre, leurs données sont la substance de base pour tous ceux qui veulent prévoir l'avenir du monde sur la base de modèles climatiques . C'est cela que détestent les « climatoréalistes » ou autres négationnistes de tous bords comme aussi, dans une large mesure, ceux qui souhaitent en rester au « business as usual ».

Le projet RCPs est notoirement difficile. Il ne pouvait pas en rester là. À partir de 2015, une nouvelle génération de scénarii intitulée « Shared Socioeconomic Pathways » (SSP) – un nom qui donne des frissons aux sceptiques – se répand chez les modélisateurs. Si j'ai bien compris, cet ensemble de codes est en passe de dominer la profession. Mais qu'importe, que vous préfériez SSP ou RCP, la figure montre que la voie pour tenir les 1.5° est terriblement étroite alors que celles qui nous conduiraient à +3 ou +5°C à la fin du siècle sont beaucoup plus largement ouvertes.


Tollefson, J. (2020). How hot will Earth get by 2100? Nature, 580(7804), 443-445. doi:10.1038/d41586-020-01125-x


ÉCOLOGIE, CONSERVATION, BIODIVERSITÉ, TIPPING POINT.
-460 – 1, 496 - 501
Il faut s’attendre à ce que le changement climatique cause de soudaines disruptions écologiques majeures.

Nos rivières et nos vallées se transforment au cours du temps. Ces changements, sont-ils globalement réguliers, induits par la contribution de tous les évènements grands et petits, ou bien est-ce que ce sont seulement les plus gros évènements qui sont importants ? Réponse : seuls les plus gros évènements sont significatifs. Malheureusement, la même conclusion est aussi valable pour les évènements de disruption écologique qu’induit le changement climatique.
La présente étude porte sur un grand nombre d’espèces (30'000) dans un grand nombre de biotopes locaux. Connaissant la résistance de ces espèces aux perturbations climatiques et la statistique des conditions climatiques dans chacun des lieux considérés, on détermine le risque qu’une espèce soit éliminée du biotope au fur et à mesure de l’échauffement général du climat et l’amplification des extrêmes.
Je retiens deux résultats importants. (i). Une espèce disparaît rarement seule. Les conditions qui en font disparaître une sont souvent les mêmes que celles qui en font disparaître d’autres. (ii) Plus le changement climatique global est rapide, plus grand est le nombre d’espèces qui sont ainsi liées. On retrouve là un phénomène de tipping point : bien que le changement climatique soit globalement relativement lent et continu, seuls sont importants pour la biodiversité les évènements climatiques extrêmes. L’effet est d’autant plus fort que la vitesse du changement climatique global est grande. Ainsi peut survenir une situation où une condition climatique extrême, mais statistiquement normale, peut induire une catastrophe écologique majeure.
Il est aussi noté que certaines régions sont résilientes dans le sens que les conditions qui sont néfastes pour un site n’impliquent pas que les autres sites soient menacés. Le désert de Gobi est résilient, la forêt amazonienne ne l’est pas (encore une mauvaise nouvelle pour celle-ci, c’est la 3e ce mois). 

Trisos, C. H., Merow, C., & Pigot, A. L. (2020). The projected timing of abrupt ecological disruption from climate change. Nature, 580(7804), 496-501. doi:10.1038/s41586-020-2189-9
30.04.20 Nature 580, 7805

SDG, BUTS DU DÉVELOPPEMENT DURABLE, ÉDUCATION, PRÉVISION.
-636 – 639, Article, Friedman et al. Petit brin optimiste.
Mesurer et prévoir les progrès vers les buts du développement durable (SDG) de l'ONU dans le domaine de l'éducation.

Avec l'article du 2 avril à propos de la vie marine, je m'étonnais de la tension entre la majorité dont la vue du monde est globalement pessimiste  – c'est la catastrophe – et, les rares qui professent l'optimisme – ça s'améliore. Alors, rencontrant un article du 2e genre, certains s'énervent (j'en connais et ça m'interpelle). Moi, ça me ravit.
  • Ici il s'agit de la mesure de l'éducation dans le monde de 1970 à 2018 ainsi que la prévision pour 2030. Alors, on regarde les graphiques de tous ces paramètres liés à l'éducation en fonction du temps. Partout et en tout temps, ils montent, et, le plus souvent, de plus en plus vite. Dans l'avalanche des données, je relève qu'en 1970, 50% des jeunes adultes avaient reçu la formation scolaire de base (6 ans), maintenant, ils sont 80% et ils seront 90% en 2030.
  • Quant aux études supérieures (15+ années), elles concernaient 7% des jeunes adultes dans le monde en 1970, 23% actuellement et il y en aura 32% en 2030.
  • Le plus impressionnant concerne la montée des femmes. En 1970 les hommes étaient mieux formés que les femmes dans presque tous les pays (142). Maintenant, ce n'est plus le cas que dans 27 pays et l'article prévoit qu'ils ne seront plus que 4 en 2030.
  • Mieux, on s'attend qu'en 2030, les jeunes femmes seront globalement mieux formées que les hommes.
Conclusion : Les SDG 2030 concernant l'éducation sont en bonne voie d'être globalement atteints, ce qui se traduira « de manière positive en termes de productivité, d'égalité de santé et de bien-être. »
Bravo !
Friedman, J., York, H., Graetz, N., Woyczynski, L., Whisnant, J., Hay, S. I., & Gakidou, E. (2020). Measuring and forecasting progress towards the education-related SDG targets. Nature, 580(7805), 636-639. doi:10.1038/s41586-020-2198-8

mercredi 1 avril 2020

L'actualité scientifique de Jacques en mars 2020

05.03.20. Nature 579, 7797

CLIMAT, ACCORD, COPENHAGEN, PARIS

25-28. 15 Commentaires par une grosse palette de spécialistes du monde entier, important pour tous ceux qui s’intéressent à la crise climatique.

Il y a 4 fois plus à faire en 3 fois moins de temps.

À l’accord de Copenhague en 2008 et à celui de Cancún en 2010, presque tous les pays du monde se mirent d’accord qu’il fallait limiter l’échauffement climatique à moins de 2°C. 73 pays – dont la Suisse - se fixèrent des buts contraignants pour 2020. En 2015 à Paris, 192 pays durcirent un peu l’objectif, fixé maintenant à « bien en dessous de 2°C ». Ils se fixèrent des objectifs contraignants, généralement pour 2030.
Le point en 2020 : la figure montre la catastrophe. L’émission globale continue de monter, plus vite même que les projections de 2010 et 2020 (+14% entre 2008 et 2018).  De plus, les progrès scientifiques montrent que les buts fixés précédemment ne sont pas assez sévères. Troisièmement, à de rares exceptions près (la Suisse n’en est pas) les pays ne tiennent pas leurs promesses, quand ils ne les réduisent pas ou s’en dédisent (USA).

Conséquemment, avec l’état des promesses de 2020 il manquera en 2030 un quart de la réduction nécessaire pour tenir les 2°C (il faudrait 3% de réduction par année) et 55% des réductions nécessaires pour 1,5° (7% par année). L’article n’en fait pas mystère, par rapport à ce qui a été fait jusqu’ici, il faudrait une révolution immédiate pour nous sortir de la crise climatique.
Le tableau est très sombre. Pas complètement noir, toutefois. Quelques régions donnent l’exemple et montrent que le chemin est possible. Par exemple, le Costa Rica, la région de Shenzhen – eh oui -, Copenhagen, peut-être la Californie, certainement pas la Suisse.

Hohne, N., den Elzen, M., Rogelj, J., Metz, B., Fransen, T., Kuramochi, T., . . . Dubash, N. K. (2020). Emissions: world has four times the work or one-third of the time. Nature, 579(7797), 25-28. doi:10.1038/d41586-020-00571-x


ÉCOLOGIE, FORÊT TROPICALE, PUIT DE C

38 – 39, 80 – 87. Un commentaire (A. Aming) et un gros article par Hubau avec plus de 100 coauteurs de presque autant d'institutions.  Pour ceux préoccupés par l’environnement.

La forêt tropicale perd sa capacité de puits de carbone.

jeudi 19 mars 2020

L'actualité scientifique de Jacques en février 2020 et +

06.02.20. Nature578, 7793, 39-40 ainsi que 6 articles de 82-135.

CANCER, GÉNOMIQUE, SCIENCE OUVERTE.
Le projet de génomique globale du cancer arrive à maturité.

Dans chaque cahier de ma revue favorite, je tombe sur au moins un article analysant un cancer particulier. Je n'y croche pas et passe au suivant.
Cette fois, ce n'est pas un article, mais 6 s'étalant sur 53 pages. Autant dire tout de suite que je n'ai pas tout lu, mais s'y arrêter un moment en a valu la peine. Il s'agit de l'œuvre du Consortium PCAWGC (Pan-Cancer Analysis of Whole Genomes) qui a disséqué 2658 cancers « de toutes les formes, de toutes les tailles » pour les analyser par tous les bouts. Ici, je n'en retiens que deux points.
1) Le plus souvent, jusqu'ici, les travaux de génomique d'un cancer particulier consistaient à relever quelques mutations ponctuelles dans les parties codantes du génome et d'en analyser les effets. L'étude PCAWG porte sur tous les niveaux aussi bien dans les séquences codantes que non codantes. Elle décrit les mutations ponctuelles, comme aussi les changements par groupe, les déplacements de séquences, les inversions et même la duplication du génome. Elle révèle l'extraordinaire diversité génétique et fonctionnelle qu'implique le développement d'une tumeur. Pourquoi « extraordinaire » ? La réponse, il faut la chercher dans les fondements de la biologie évolutive. Un système vivant normal est forcément à peu près équilibré dans un état d'homéostasie. Chaque élément est là parce qu'il fonctionne dans le cadre global du système. Chaque mutation, chaque changement est, a priori, un dérangement malvenu et généralement abandonné. Un cancer est toute autre chose. Une cellule sort de l'écosystème. Elle ne joue pas le jeu. Elle abandonne toutes les règles, sauf l'une :  que ça marche pour elle. C'est le triomphe de l'égoïsme conquérant. Les 6 articles présentés ici montrent ce qu'il se passe dans un génome quand une cellule se permet n'importe quoi.
Bref, il est montré ici que, si la vie d'une cellule est à peu près harmonieuse dans le contexte de son organisme global, le dérèglement qui se produit quand elle s'échappe dépasse ce que l'on avait imaginé jusqu'ici.
Je me prends alors à étendre ces pensées. Qu'en est-il des organismes en équilibre à peu près harmonieux dans leur milieu écologique total lorsque celui-ci se casse ? Eh oui, les effets de la crise actuelle de l'environnement sur les organismes qui constituent la vie risquent de nous surprendre encore plus que nous ne l'imaginons.
2) Le consortium est énorme, il implique 744 laboratoires avec des milliers de participants sur 4 continents. Ce n'est pas toute la science, mais c'est un gros morceau dans lequel se pratique une science ouverte exemplaire. La collaboration systémique qu'il a fallu organiser et pratiquer fait du projet un monument de la science ouverte. 


Cieslik, M., & Chinnaiyan, A. M. (2020). Global genomics project unravels cancer's complexity at unprecedented scale. Nature, 578(7793), 39-40. doi:10.1038/d41586-020-00213-2
Consortium, I. T. P.-C. A. o. W. G. (2020). Pan-cancer analysis of whole genomes. Nature, 578(7793), 82-93. doi:10.1038/s41586-020-1969-6

23.02.20. Science.
COVID-19, CORONA VIRUS, SPICULE, CYO-ME.

La structure des spicules du coronavirus à 3.5Å de résolution.

dimanche 16 février 2020

L'actualité scientifique de Jacques en décembre 2019 et petite livraison pour janvier 2020

05.12.19. Nature 576, 7785
GÉNOMIQUE, ÉTHIQUE, POLICE, CHINE, UYGHUR, XINJIANG.
Réprimer la surveillance génomique.

Nous rapportons depuis longtemps le fichage et la répression des minorités Ethniques en Chine, en particulier les musulmans Uyghurs du Xinjiang. Les Chinois ne sont pas les seuls, mais eux le font à grande échelle, visant toute la population, y compris les étrangers de passage. (Apparemment, les portables de tous les étrangers entrant en Chine sont suivis.) Ils ne s’en cachent presque pas. Toutes les données sont bonnes à prendre en particulier celles qui sont à la pointe de l’intelligence artificielle comme la reconnaissance faciale et le fichage génétique.
Il y a toutefois des points de frictions dont le présent article s’inquiète.
Ainsi la firme chinoise Forensic Genomics International (FGI) séquence (avec des appareils américains) le génome de 100'000 Chinois rendant leurs données accessibles par reconnaissance faciale à travers le WhatsUp local. Que dire alors des firmes de nos pays qui collaborent à de tels développements. Il est rapporté ici que Thermo Fisher Scientific s’y engage avec conviction. On dit que des lobbyistes de cette compagnie déclarent qu’une base de données universelle des ADN individuels est inévitable et que la culture démocratique de nos pays est un sérieux obstacle à cette réalisation.
Depuis plusieurs années, des mouvements publics et des politiciens US s’en offusquent mais les restrictions apportées aux possibilités d’exportation de matériel sensible sont des passoires à larges mailles. Rien de comparable aux restrictions sur les composantes d’importance nucléaires. D’ailleurs, comment contrôler l’usage de technologies sur la base de critères tels que le respect des droits humains ? Une réflexion approfondie à lieu dans certaines ONG et au sein du gouvernement. Il semblerait que les possibilités légales existent et qu’elles ont déjà été utilisées dans d’autres cas.
Autre cas délicat, celui de la recherche dans le domaine des softwares. Que faire dans une conférence internationale sur la reconnaissance vocale quand il apparaît que la forte délégation chinoise met visiblement une priorité à identifier les différentes formes du langage Uyghur ?
Et encore : voir ci-dessous.

Moreau, Y. (2019). Crack down on genomic surveillance. Nature, 576(7785), 36-38. Retrieved from https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31796907. doi:10.1038/d41586-019-03687-x

12.12.19. Nature 576, 7786
- 192 – 3. Suite du même problème. Les éditeurs se posent des questions.

samedi 7 décembre 2019

Klimawandel als Herausforderung für Medizin und Gesundheitswesen

Über den Klimawandel wird dieser Tage viel diskutiert, doch dessen Einfluss auf die Gesundheit nur selten angesprochen. Der Autor dieses Artikels rückt das Thema in den Vordergrund und fordert unter anderem, das Gesundheitswesen in der Schweiz CO2-neutral zu gestalten.

      Weiterlesen

aus der Zeitschrift SCHWEIZERISCHE ÄRZTEZEITUNG - 2019; 100 (39): 1312-1314

René Jaccard
Dr. med., Mitglied wissenschaftliche Kommission, Klima-Grosseltern gpclimat.ch



Klima und Medizin.  video
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konzept/text: dr.med. rené jaccard
assistenz/stimme: marianne jaccard
musik: françois gendre
video: beatrice jaccard

mardi 19 novembre 2019

L'actualité scientifique de Jacques en septembre, octobre et novembre 2019

05.09.19. Nature 573, 5772 ;

Voir aussi : Bulletin of the atomic scientist du 31 oct.
-16 – 17. GUERRE, ARMES NUCLÉAIRES, INDE-PAKISTAN.

Pourquoi la tension entre ces deux pays est-elle un vrai risque de guerre nucléaire et quelles en seraient les conséquences ?

L’attaque « all out » par l’un ou l’autre n’est pas probable. Par contre, quelques attentats terroristes de l’un chez l’autre, quelques incursions militaires, une riposte qui tourne mal et, paf, 3 bombes tactiques pour « sauver » les siens, etc. Le scénario étudié ici n’implique finalement que la moitié des armes nucléaires des deux pays. Résultat : plus de 100 millions de morts immédiats et, selon les scénarios climatiques, un probable hiver nucléaire mettant en danger l’alimentation mondiale pendant deux ou 3 ans.
Lorsqu’on parle de la crise du climat, on se demande s’il est utile d’inspirer la panique pour favoriser le nécessaire coming-out climatique de chacun. Le point de vue du Bulletin, souvent répété, c’est que le monde n’a pas conscience de ce que signifierait une guerre nucléaire. Le sachant, il s’engagerait davantage dans la lutte pour l’éviter.
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Pulla, P. (2019). India-Pakistan nuclear escalation: where could it lead? Nature, 573(7772), 16-17. Retrieved from https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31481773. doi:10.1038/d41586-019-02578-5
https://thebulletin.org/2019/10/how-an-india-pakistan-nuclear-war-could-start-and-have-global-consequences/

-55 – 60. CLIMAT, URBANISATION, VILLE, CANICULE

Les îles de chaleur dans les villes

L’augmentation de la température en ville DT, (UHI, urban heat island) est d’abord due à la diminution de l’évaporation due au manque de végétation. L’albédo défavorable des surfaces foncées ne vient qu’en 2e position. Les villes des zones tempérées auraient les moyens de corriger cette situation. Les villes des régions tropicales, généralement situées dans des régions sèches, devront trouver des « solutions innovatives » comme conclut gracieusement l’article. 
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Manoli, G., Fatichi, S., Schlapfer, M., Yu, K., Crowther, T. W., Meili, N., . . . Bou-Zeid, E. (2019). Magnitude of urban heat islands largely explained by climate and population. Nature, 573(7772), 55-60. Retrieved from https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31485056. doi:10.1038/s41586-019-1512-9

mardi 15 octobre 2019

L'actualité scientifique de Jacques en septembre 2019. 1ere partie.

05.09.2019. Le numéro n'est pas arrivé. J'ai protesté.

12.09.2019 Nature 573,7773
-11. This week.  Alexandre Roulin et col., mon voisin à l'UNIL
ÉTHOLOGIE, CHOUETTE, LUNE

Sous la lumière de la lune, les chouettes blanches terrorisent plus les campagnols que les chouettes brunes.
D'habitude, j'ai quelque peine quand on parle de l'effet des phases de la lune sur les naissances humaines, la pousse des radis ou la structure de l'eau. Voici pourtant un cas plus convaincant.
La couleur des chouettes effraie varie de toute blanche à brune. Suite à 20 ans d'observation, le groupe d'Alexandre Roulin a constaté que le succès de la chasse des chouettes brunes diminue autour de la pleine lune alors que celui des blanches reste constant. Pour expliquer le phénomène, le groupe a montré que, à la lumière de la lune mieux réfléchie par le plumage des chouettes blanches, les musaraignes restent tétanisées plus longtemps qu'en présence des chouettes brunes.
San-Jose, L. M., Sechaud, R., Schalcher, K., Judes, C., Questiaux, A., Oliveira-Xavier, A., . . . Roulin, A. (2019). Differential fitness effects of moonlight on plumage colour morphs in barn owls. Nat Ecol Evol, 3(9), 1331-1340. Retrieved from https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31477846. doi:10.1038/s41559-019-0967-2

vendredi 11 octobre 2019

Reflets en images de la Conférence-table ronde à l'Université de Neuchâtel


De l’indignation à l’audace
Conférences et table ronde inter-générations
Mardi 24 septembre 2019, à 18h15

Université de Neuchâtel, Aula des Jeunes-Rives
Photographe attitré de l'UniNE :
Monsieur Bernard Léchot


Cliquez sur l'image pour l'agrandir !













9 photos suivent

lundi 30 septembre 2019

« De l'indignation à l'audace ! » Reflets de la Conférence-table ronde à l'Université de Neuchâtel

Un engagement multi-facettes pour le climat par des jeunes actifs, créatifs, constructifs

Conférence-table ronde à l’Université de Neuchâtel avec les Grands-parents pour le climat 

Quels rafraichissants dynamisme et originalité dans les démarches lancées avec enthousiasme - et efficacité - par des groupes de jeunes à propos de l’enjeu climatique. C’est ce qu’ont pensé beaucoup des plus de 400 personnes (salle comble) assistant le 24 septembre, à l’Université de Neuchâtel, à « Agir ensemble pour le climat - De l’indignation à l’audace ». On sentait, on vivait que les choses bougent. Manifestation organisée avec les « Grands-parents pour le climat » (qui avaient mis sur pied un événement comparable à l’Université de Lausanne en novembre dernier).