lundi 10 décembre 2018

COUVERTURE VÉGÉTALE - La Terre a verdi de 1982 à 2016

Un résultat qui surprend plaisamment.

On a tendance à croire que la couverture végétale tend à diminuer. Ce ne fut pas le cas durant ces 34 dernières années. Globalement la couverture végétale a crû de 7%. Elle a en effet diminué bien dans les régions tropicales, mais elle a augmenté davantage dans les autres régions. Les régions sans couverture végétale ont diminué de 3%, essentiellement par extension de l'agriculture. Pour 60% le changement est dû aux activités humaines, le reste est conséquence de l'échauffement climatique.

Song, X. P., Hans en, M. C., Stehman, S. V., Potapov, P. V., Tyukavina, A., Vermote, E. F., & Townshend, J. R. (2018). Global land change from 1982 to 2016. Nature, 560(7720), 639-643. doi:10.1038/s41586-018-0411-9 

COUVERTURE VÉGÉTALE, AGRICULTURE, RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE./ Jacques Dubochet

mardi 4 décembre 2018

Climat: Le Conseil national est entré en matière sur la révision de la loi sur le CO2. Le National a prévu quatre jours pour discuter de cette révision

ATS/AGIR) - Le Conseil national a empoigné lundi la révision totale de la loi sur le CO2 qui l'occupera plusieurs jours. L'entrée en matière a été acceptée par 125 voix contre 62. La loi sur le CO2 doit permettre à la Suisse de tenir les engagements de l'Accord de Paris et de limiter le réchauffement climatique mondial à 2 degrés, voire 1,5 degré. Selon le projet, la Suisse devrait réduire d'ici à 2030 ses émissions de gaz à effet de serre de moitié par rapport à 1990. Les réductions nationales devraient représenter au minimum 60% du total et celles à l'étranger au maximum 40%. Le National a prévu quatre jours pour discuter de cette révision alors que se déroule la conférence de l'ONU sur les changements climatiques à Katowice, en Pologne, où la Suisse a annoncé une aide de 120 millions de dollars pour aider les pays en développement à réduire leurs propres émissions.

La révision passe par une hausse du prix de l'essence de 8 centimes par litre combattue aussi bien à droite qu'à gauche. Certains parlementaires veulent limiter la majoration à 5 centimes, alors que d'autres veulent fixer le plafond à 12, 13 voire 20 centimes. La question d'une taxe sur les billets d'avion sera également débattue. Rayon sanction, les règles applicables aux entreprises s'engageant à réduire leurs émissions pour se faire rembourser la taxe sur le CO2 devraient être durcies.

Armande Reymond Journaliste RP
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samedi 1 décembre 2018

Dialogue intergénérationnel sur les grands enjeux – Une réussite à l’UNIL sur le thème du climat

Signé : Jean Martin, membre de la Commission scientifique GPclimat
30 novembre 2018

Devant les défis qui nous sont lancés quant à l’avenir de la planète et celui des générations futures, il est essentiel de promouvoir des échanges entre jeunes et moins jeunes - ou plus du tout jeunes, d’avoir un dialogue adéquatement informé. C’est l’un des buts de l’association « Grands parents pour le climat », lancée en 2014 en Suisse romande, qui compte maintenant une demi-douzaine de groupes régionaux et plus de 500 membres.

Jeudi 29 novembre, avec l’aimable et efficace collaboration de l‘Université de Lausanne, en particulier de son Centre interdisciplinaire de la durabilité, dans le dicastère du Vice-recteur Benoit Frund, les GPclimat invitaient à une manifestation intitulée « Agir ensemble pour le climat ». Avec deux orateurs de haut vol : Martine Rebetez, figure de la climatologie de notre pays, et Jacques Dubochet, nobélisé il y a un an – et qui, dans les très nombreux interviews auxquels il a été soumis, a souvent mentionné sa qualité de membre de la première heure des GPclimat. Le public a répondu à l’invitation, plus de 400 personnes dans une salle comble (on a dû demander aux jeunes présents de s’asseoir par terre pour laisser de la place aux seniors…).
                      

Les exposés des conférenciers se sont révélés bien complémentaires, en décrivant la situation, les perspectives sombres au vu de développements exponentiels. M. Rebetez a montré comment, sur le Plateau comme en montagne, la période d’hiver s’est raccourcie (de près de dix jours chaque décennie dans le passé récent), et comment le nombre de jours où la température dépasse 30 degrés augmente sérieusement. J. Dubochet : « Nous sommes très bons à créer du savoir, nous sommes mauvais s’agissant de l’utiliser pour le bien de chacun » – formule illustrant ses engagements à la fois académiques et sociaux.

Une dimension neuve de la soirée était la participation d’une dizaine de groupes de jeunes, des Hautes Ecoles et au-delà, qui de multiples manières s’engagent pour des modes de vie plus durables et respectueux, notamment dans l’utilisation des ressources (non renouvelables, fossiles, surtout). Encourageant. Par des posters et en interrogeant les conférencier/ère, ils avaient l’occasion de présenter leurs démarches. Leurs questions ont porté sur les aspects politiques du combat pour le climat et le rôle de l’économie, parmi d’autres. Comment les citoyens, la société civile, peuvent-ils faire bouger les lignes ? L’idée d’un recours à la force est refusée mais pas celle d’une désobéissance civile non violente. Il a été relevé que le pouvoir des consommateurs est important (et nous sommes tous des consommateurs), en étant attentifs à la qualité des aliments ou équipements que nous achetons, à la manière dont ils sont produits, au coût de leur transport. Quelqu’un a dit « Je suis ce que je mange ».

Quelques phrases. Martine Rebetez « Le futur est forcément sans carbone. » Semble peu attrayant !... Pourtant, a-t-elle relevé, bien que des modifications radicales du style de vie soient requises, un monde sans carbone peut être plus agréable à vivre que celui d’aujourd’hui. Certains ont appelé de leurs vœux un Mai 68 climatique !

Jacques Dubochet, à une question sur la possibilité de stopper la dérive actuelle : « C’est possible parce qu’il le faut ! » Dans la foulée, il dit joindre le pessimisme du réalisme à l’optimisme de la volonté – ou de la nécessité.

Ce qui a frappé, ce qu’on sentait dans l’air, c’est un bouillonnement de volontés, d’énergies, une impression que quelque chose est en train de se passer. Anne Mahrer, ancienne conseillère nationale genevoise, co-présidente des « Aînées pour la protection du climat » qui ont entrepris une démarche judicaire pour contraindre le Conseil fédéral à faire plus en la matière, a parlé des vagues qui doivent devenir une déferlante.

Au chapitre des anecdotes, Martine Rebetez raconte: « Une jeune étudiante d’Yverdon est venue me parler de possibilités pour elle d’études pour contribuer à l’amélioration du climat. Elle m’a dit avoir rencontré une ‘Grand-maman pour le climat’ dans le métro à 17 h. 45, qui lui a dit où elle se rendait. Ni une, ni deux, elle a décidé de venir avec elle! » (la rencontre commençait à 18h. 15). En fin de débat, on a quitté les aspects scientifiques et politiques : des participants ont souhaité que nous entamions dans la joie les changements nécessaires, et avec la sagesse d’être à l’écoute de la nature. Bonne idée sans doute.

De nos jours, les Hautes Ecoles savent qu’elles doivent entretenir des liens avec la société civile dans l’étude et la gestion des défis du temps. L’hospitalité offerte par l’UNIL à une association « toute simple » est un excellent signe à cet égard. Le Vice-recteur Frund a noté que « il n’y a pas d’expert diplômé en transformation » (de la société) ; son espoir que de telles collaborations se poursuivent, pour développer des outils en commun.

Cette manifestation a été de nature à encourager, c’est très bien. Mais les réticences, atermoiements voire blocages, le climato-scepticisme en un mot, sont loin de n’être plus qu’une donnée historique. Pour finir, ce mot d’un participant : Une hirondelle ne fait pas le printemps, on le sait bien, mais c’était une belle hirondelle !

Benoit Frund est vice recteur à la durabilité et au campus de l'Unil.
Nelly Niwa est directrice du Centre interdisciplinaire de durabilité



http://gpclimat-info.ch/gpclimat/Films/GPLC_synthese_AgirEnsClimat_BD.mp4

Les temps forts de la Conférence-dialogue

Les temps forts
de la Conférence-dialogue.

Film réalisé par Isabelle Blanc
(durée 6 ' )









Vidéo de la Conférence-dialogue (intégrale)





L'actualité scientifique de Jacques en novembre 2018

29.11.18. Nature 563, 7733

613-5. GÉOINGÉNIEURIIE, CLIMAT, MICROPARTICULES

Les atténuateurs de soleil Jeff Tollefson.

J'aimerai qu'on évite la géoingénieurie parce que sa mise en œuvre poserait d'immenses problèmes pour lesquels nous n'avons pas de solutions. Pourtant devant l'emballement climatique et la vraisemblable panique qui en résultera quand les gouvernements se rendront compte de la situation, on risque bien de ne pas y échapper. Je suis donc avec inquiétude les développements dans ce domaine.

Une équipe de Harvard veut commencer dès l'an prochain l'expérience SCoPEx (Stratospheric Controlled Perturbation Experiment) afin d'étudier la possibilité de réfléchir une partie du rayonnement solaire en injectant des microparticules de carbonate de calcium (CaCO3) dans la stratosphère (>20km). Il s'agit de vérifier l'hypothèse selon laquelle, pour la bagatelle de 10 milliards de $ par an, on pourrait abaisser la température globale de 1.5°. Toutefois, nous ne perdons pas de vue vue que la démarche proposée peut retenir le flux solaire au sol, mais ne fait rien pour ralentir l'augmentation du CO2, bien au contraire.

Les éruptions volcaniques l'ont montré, le climat est sensible aux microparticules dans la stratosphère. Les sulfates sont très efficaces. On les a beaucoup étudiés au temps de la mort des forêts dans les années 80. On connait aussi leur effet néfaste sur la couche d'ozone. Le carbonate de calcium est plus sympathique (on en donne volontiers une bonne cuillère pour lutter contre l'acidité gastrique), mais, dans la stratosphère, on en sait peu de choses, comme aussi de ses effets sur la couche d'ozone. SCoPEx veut éclairer toutes ces questions et chercher les conditions d'une action efficace.

Ceux qui critiquent l'expérience dénoncent une démarche visant à changer les normes sociales face aux géoingenieurie. Ils y voient une action politique plus qu'une recherche scientifique.

-630 – 1, 681-5. CLIMAT, TERTIAIRE, CHANGEMENT BRUSQUE.

Les brusques irrégularités climatiques : il y a la mer et le vent aussi. 

Nous avons de bonnes raisons de vouloir comprendre la raison des très brusques changements climatiques qui ont parsemé le climat de la dernière grande glaciation entre -10'000 et – 60'000 ans. On les appelle les évènements Dansgaard-Oeschger (DO). En quelques dizaines d'années, le climat de l'Atlantique Nord fait un énorme saut qui dure de quelques centaines à quelques milliers d'années. La figure ci-.dessous (fig. 1, p. 681), illustre cette irrégularité climatique. Seize DO y sont mis en évidence. (Notons que les prémices du changement actuellement en cours sont encore bien plus violentes.)

Le présent article étudie la relation entre les DO, localisés « chez nous » et le reste du climat mondial, ou plutôt son effet dans l'Antarctique. Les auteurs mettent en évidence deux modes de couplage. L'un est probablement induit par un changement global de la circulation océanique. Il commence à avoir de l'effet 200 ans après le début de l'évènement dans l'Atlantique Nord. Le deuxième, moins considérable, mais pratiquement immédiat, est lié au changement de la circulation atmosphérique.

Il y a 1000 fois moins d'énergie dans un m3 d'air que dans un m3 d'eau, mais cela n'empêche pas que l'atmosphère et les océans exécutent ensemble la danse du climat qu'il serait bon de comprendre.


W.B. Yeats …How can we know the dancer from the dance?

Buizert, C., Sigl, M., Severi, M., Markle, B. R., Wettstein, J. J., McConnell, J. R., . . . Steig, E. J. (2018). Abrupt ice-age shifts in southern westerly winds and Antarctic climate forced from the north. Nature, 563(7733), 681-685. doi:10.1038/s41586-018-0727-5

jeudi 15 novembre 2018

Bataille sur la biodiversité (E. Masood)

L'IPCC (Intergouvernemental Panel on Climate Change), 830 auteurs et éditeurs, 3500 experts consultés) a remarquablement fait son travail en mettant d'accord 180 pays sur les conclusions des experts dont les grandes lignes avaient été reconnues il y a plus de 30 ans : l'échauffement climatique actuel est réel, il est principalement anthropogénique. Les détails des conclusions sont la base scientifique des accords de Paris à la COP 21 en 2015. Bravo ! On a reproché à l'IPCC de ne pas avoir suffisamment intégré les compétences des sciences humaines avec pour conséquence le fait que ses conclusions n'ont pas pénétré l'opinion publique aussi bien qu'elles le devraient. Critique justifiée ? On peut en discuter.

L'IPBES est en principe similaire sauf que son but est de faire face à la crise de la biodiversité et de l'extinction des espèces plutôt qu'à l'échauffement climatique. Actuellement les travaux de l'IPBES devraient approcher un rapport final, mais de graves dissensions internes mettent en péril toute l'oeuvre. Le problème a bien à faire avec l'élargissement des scientifiques empiriques – principalement ceux des pays développés – aux collègues diversifiés des humanités et sciences sociales ainsi qu'aux acteurs locaux (paysans, citoyens scientifiques, peuples indigènes) moins moulés dans le cadre de la recherche traditionnelle. Les premiers se focalisent sur la notion de « service de la biosphère » auquel ils essayent de donner une valeur quantitative (par exemple : quel serait le coût de la mort des abeilles?) L'avantage est clair. On a des chiffres, la politique est « objectivement » orientable. Le problème est tout aussi évident : comment comparer le service à la biosphère du Panda géant avec celui du tigre du Bengale ?

Il y a une autre pierre d'achoppement. Alors que le CO2 et parfaitement distribué à chacun, partout dans le monde, les Indiens et les Chinois voient fort différemment le problème du panda ou celui du tigre – chacun le sien. Apparemment le petit égoïsme cache la globalité du problème.

On en est là et les deux – trois, quatre ou cinq – clans se combattent. C'est tragique. L'éditorial du journal ainsi que articles mentionné appellent les membres de l'IPBS à la sagesse. On en a besoin.

Quand je parle autour de moi de l'environnement, je rencontre autant de personnes qui s'agitent sur la perte des espèces que sur l'échauffement climatique. Il serait dommage de devoir faire face au premier sans un guide cohérent pour conduire la prise de conscience et la politique. Pour le second, la route est bien tracée.

Masood, E. (2018). The battle for the soul of biodiversity. Nature, 560(7719), 423-425. doi:10.1038/d41586-018-05984-3


BIODIVERSITÉ/ Jacques Dubochet

lundi 12 novembre 2018

« Première édition des Assises vaudoises du climat »

L’Etat de Vaud lance les travaux en vue de la mise en œuvre d’une politique
climatique cantonale.

(AGIR) - Le Département du territoire et de l'environnement (DTE) a présenté aujourd'hui les objectifs ainsi que le programme détaillé de la première édition des Assises vaudoises du climat qui se tiendra lundi 12 novembre au Swiss Tech Convention Center de l'EPFL. Plus de 200 représentants de tous les domaines concernés par cette problématique, comme les communes, la société civile, les univers politique et économique, les spécialistes techniques, les milieux environnementaux ou les services de l'État, participeront à ces assises, informe l'Etat de Vaud aujourd'hui dans un communiqué. La matinée sera consacrée à plusieurs conférences plénières offrant une vision globale et approfondie des enjeux actuels et à venir. Les participants pourront ensuite confronter leur vision au cours d'ateliers traitant des ressources naturelles, de la mobilité, de l'économie, des dangers naturels, des espaces bâtis et des initiatives locales.

Ces rencontres donneront le coup d'envoi à la réalisation d'un Plan climat vaudois. «Ce document, dont les objectifs stratégiques sont définis dans une feuille de route établie par le DTE, s'articulera autour de mesures de réduction des émissions de CO2 et d'adaptation aux changements climat», précise le communiqué.

L'ampleur et la diversité des événements météorologiques de cette année 2018 ont mis en évidence la forte exposition du canton de Vaud aux conséquences des changements climatiques. En conséquence, le Conseil d'État a fait figurer la thématique climatique parmi ses priorités pour la législature en cours. «Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), 50% à 70% des leviers d'action en matière de lutte contre le réchauffement climatique se situent à l'échelon local », souligne à ce propos Jacqueline de Quattro, conseillère d'État en charge du DTE, citée dans le communiqué.

Programme détaillé des Assises vaudoises du climat ainsi que la feuille de route du Plan: https://www.vd.ch/themes/environnement/climat/

Armande Reymond Journaliste RP
 
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dimanche 11 novembre 2018

«Criminalité environnementale: le Conseil fédéral crée un groupe de coordination»

Berne, 07.11.2018  
Une lutte efficace au niveau national et international contre les délits environnementaux suppose une étroite collaboration entre tous les services concernés. Pour y parvenir, le Conseil fédéral a décidé le 7 novembre 2018 de mettre sur pied un groupe de coordination contre la criminalité environnementale qui rassemblera tous les acteurs fédéraux touchés par ce thème. Des représentants des corps de police, des ministères publics et des services cantonaux de l'environnement y seront également associés.
Derrière la criminalité environnementale se cache un marché mondial particulièrement lucratif représentant chaque année, selon les estimations d'Interpol et du Programme des Nations Unies pour l'environnement, entre 91 et 258 milliards de dollars. L'Europe et la Suisse ne sont pas épargnées : des ressources naturelles exploitées illégalement, à l'instar d'espèces végétales et animales protégées, sont importées en Europe, tandis que des déchets sont exportés. Souvent, de telles activités criminelles déployées au plan international sont organisées ou financées en Europe.
En Suisse, une série de dispositions pénales permettent d'assurer la bonne application du droit environnemental national, notamment dans les domaines de la protection des eaux, de la chasse et de la pêche, de la protection de la nature et du paysage ainsi que de la conservation des espèces. Ces dispositions pénales constituent le dernier maillon de la chaîne d'exécution du droit environnemental suisse, et sont appelées à entrer en action lorsque les autres mesures d'exécution sont restées sans effet. Leur mise en œuvre rigoureuse assure un effet préventif tout en soutenant l'application du droit. Au contraire, une poursuite lacunaire des délits environnementaux nuit à l'efficacité du droit suisse de l'environnement.
Importance de la coordination nationale et internationale
Une lutte efficace contre les délits environnementaux suppose une bonne coordination et des échanges approfondis. En Suisse, le groupe EnviCrimeCH, créé à cet effet en 2014, rassemble les différentes autorités fédérales concernées ainsi que des représentants des corps de police, des ministères publics et des services cantonaux de l'environnement et vise à assurer un échange d'expériences et de connaissances en la matière.
Ce groupe va désormais être transformé, conformément à la décision du Conseil fédéral du 7 novembre 2018 donnant suite à une recommandation d'Interpol, en un groupe de coordination contre la criminalité environnementale. Le nouvel organe permanent de coordination continuera de permettre les échanges d'expériences et de connaissances entre les acteurs du secteur, tout en s'attelant à développer le droit de l'environnement et à améliorer les outils de poursuite pénale dans ce domaine. Il offrira également, dans le respect de la procédure pénale et du droit de la protection des données, une plateforme de coordination lors d'affaires concrètes.
Le groupe sera conjointement dirigé par l'Office fédéral de l'environnement et l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires.
Adresse pour l'envoi de questions: M. Florian Wild, chef de la division Droit, Office fédéral de l'environnement, 058 464 93 06 + Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, service de presse, 058 463 78 98, media@blv.admin.ch.

Auteurs: Conseil fédéral, https://www.admin.ch/gov/fr/accueil.html + Secrétariat général DETEC, https://www.uvek.admin.ch/uvek/fr/home.html + Office fédéral de l'environnement OFEV, http://www.bafu.admin.ch/fr + Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, http://www.blv.admin.ch.

samedi 10 novembre 2018

La croissance du CO2 atmosphérique dépend de l'eau souterraine

La croissance du CO2 atmosphérique dépend de l’eau souterraine..    628 -3. CLIMAT, CO2, H2O.


La figure montre comment évolue la concentration du CO2 dans l’atmosphère. Elle croît ; c’est notre problème. Mais quels sont les petits gli-gli annuels ? Ils sont dus au fait que la végétation absorbe le CO2 selon son cycle annuel et qu’il y a plus de végétation dans l’hémisphère Nord que Sud. De ce différentiel, on déduit que l’écosystème terrestre absorbe et relâche, bon an mal an, 30% de l’émission du CO2 anthropogène.

Ainsi, le premier facteur de l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère est le déversement anthropogène. La séquestration par la végétation est le second facteur déterminant.

Le présent article montre que la séquestration par la végétation dépend elle-même prioritairement de la quantité d’eau souterraine. On le voit sur la figure qui met en relation la variation annuelle de la réserve d’eau profonde dans le sol TWS avec CGR, la variation de l’augmentation annuelle du CO2. On constate que les deux paramètres corrèlent remarquablement. En d’autres termes : beaucoup d’eau dans le sol ó(beaucoup de végétation ?)ófaible augmentation du CO2.

Je suis un peu surpris que la séquestration du CO2 par la végétation dépende davantage de l’eau profonde que de l’humidité de surface. Ai-je bien compris ?

 
Les météorologues mesurent fort correctement la pluie et l’humidité de surface.

La masse de l’eau profonde est mesurée par le système GRACE. Ce sont deux satellites qui orbitent conjointement à 220 km l’un de l’autre en mesurant constamment la distance qui les sépare. Celle-ci dépend des irrégularités locales de la gravité terrestre qui peut être ainsi déterminée. GRACE fait ainsi une carte de la quantité d’eau souterraine à quelques centaines de km de résolution et il détermine sa variation au cours du temps. Costaud !

Humphrey, V., Zscheischler, J., Ciais, P., Gudmundsson, L., Sitch, S., && Seneviratne, S. I. (2018). Sensitivity of atmospheric CO2 growth rate to observed changes in terrestrial water storage. Nature, 560(7720), 628-631. doi:10.1038/s41586-018-0424-4

CLIMAT ET HYDROSPHERE / Jacques Dubochet

samedi 20 octobre 2018

Conséquence de la politique du 21ème siècle sur le climat et le niveau de la mer des 10 millénaires à venir

P.U. Clark, ... T.F.Stocker, ... G.-K. Plattner.

Quand on pense à l'échauffement climatique, on pense à nous, nos enfants, nos petits enfants même, mais comment penser beaucoup plus loin ? Paris s'est penché sur ce qu'il adviendra à la fin du siècle, mais rares sont ceux qui mettent l'échauffement climatique dans sa juste échelle temporelle. C'est le sujet de ce papier. C'est impressionnant !

La figure 1 (ci-dessous) dit presque tout. D'abord, elle montre comment les évènements actuels sont extraordinaires et brutaux. Considérons 1b. Il y a 20'000 ans, nous étions au plus fort de la dernière époque glaciaire. La température était de 4° inférieure à la température actuelle. La concentration en CO2 était de 190 ppm. 10'000 ans plus tard, la concentration en CO2 était montée à environ 270 ppm, les glaces avaient fondu, le climat était devenu tempéré. Il est à peu près resté stable jusqu'au siècle passé. L'humanité a bien profité de ce temps, qu'on appelle l'holocène, qui lui a permis de devenir sédentaire, agricole et industrielle. L'époque ne fut pas tout à fait stable quand même ; il y a eu des moments où la température a varié de jusqu'à ±0.85°. La petite époque glaciaire du 12eau 17esiècle dont les peintures de Breughel illustrent la rigueur n'était due qu'au tiers de cela. Notons que 0.85° correspond à l'élévation anthropogénique du dernier siècle – à la différence près que la variation actuelle est 10 fois plus rapide.

Qu'on le veuille ou non, le temps de combustion de gaz à effet de serre dans lequel nous nous vautrons ne durera pas. On peut jouer aux fous du CO2 encore quelques décades, mais la saillie s'arrêtera vite, soit parce que nous aurons décarboné notre civilisation par la sage politique décidée à Paris (zéro C avant 2050), soit parce que la décarbonation se fera par disparition des perturbateurs - notre civilisation ne tiendra pas 4° ou plus! Les anglophones appellent « draw down » le moment ou la concentration en CO2 recommence à diminuer. Quatre scénarios sont envisagés, le plus aimable correspond à l'objectif des 1.5° demandé par la COP21. Le plus dur est à 4 fois cette dose. L'effet estimé serait alors de 4,5°. Il est facile d'imaginer bien pire.

Si la montée de la concentration de CO2 et de la température sont très rapides, la redescente après draw down sera beaucoup plus lente. Il faut la compter en dizaines (pluriel) de milliers d'années.

Take home message : sur les graphes b et c de la figure, il n'y a que quelques années entre le cercle bleu foncé du présent et le carré rouge dénotant le moment où nous commencerons à freiner sérieusement notre folie. Eh oui, nous vivons actuellement un moment critique, quelques années de plus ou de moins déciderons de l'ampleur de la catastrophe que l'humanité devra surmonter durant les prochaines dizaines de milliers d'années !

Le problème est philosophique: que nous importent nos lointains descendants ? À mon sens, ce n'est que notre étroitesse d'esprit et notre égoïsme qui peuvent motiver notre indifférence.

Clark, P. U., Shakun, J. D., Marcott, S. A… T.F. Stocker, . . . Plattner, G.-K. (2016). Consequences of twenty-first-century policy for multi-millennial climate and sea-level change. Nature Climate Change, 6(4), 360-369. doi:10.1038/nclimate2923


Dans le même contexte et pour appuyer sur la pédale, je reprends le graphique d'un article de juin 2017 qui quantifie l'urgence de la décarbonation. Pour tenir les promesses de la COP21 à Paris, il nous reste un budget carbone de 600-Gt (800-Gt si on vise plus mollement les 2°, jugés limite du supportable). La route vers la décarbonation est courte, et chaque année de tergiversation rend la marche plus ardue.

Figueres, C., Schellnhuber, H. J., Whiteman, G., Rockstrom, J., Hobley, A., & Rahmstorf, S. (2017). Three years to safeguard our climate. Nature, 546(7660), 593-595. doi:10.1038/546593a


On le sait depuis longtemps, la situation est dramatique, mais rares sont ceux qui nous le disent droit dans les yeux et sans détour. Je ne connais rien de mieux que la déclaration récente par Aurélien Barrau, initiateur avec Juliette Binoche de l'appel des 200 dans le Monde (septembre 2018).

Il faut écouter Aurélien Barrau, il est formidable !
https://peertube.mastodon.host/videos/watch/4fa4def3-bddf-46c7-9553-8abd2923895c

CLIMAT ET HYDROSPHERE / Jacques Dubochet

jeudi 18 octobre 2018

AGIR ENSEMBLE POUR LE CLIMAT - 29 novembre à 18h15, Unil



Le climat change de plus en plus vite et pose d’innombrables défis à nos sociétés, de l’échelle locale à l’échelle mondiale. L’association Grands-parents pour le Climat, par son Comité et sa Commission scientifique, et l’Université de Lausanne, par sa Direction, ont le grand plaisir d’accueillir la Professeure Martine Rebetez, qui dressera un état des lieux des connaissances scientifiques sur les changements climatiques, et le Professeur Jacques Dubochet, qui abordera les relations entre les résultats scientifiques et nos choix de société.

La seconde partie de la soirée permettra un dialogue entre plusieurs associations de jeunes engagé-e-s pour le climat ou le développement durable, le public et les deux intervenant-e-s, ainsi qu’avec les membres de l’association Grands-parents pour le Climat. . . .

Pour lire la suite, téléchargez le   Flyer A4 

L’événement est public et gratuit, mais veuillez vous inscrire ici     INSCRIPTION   

mercredi 17 octobre 2018

«Les causes de la fin du Petit Âge glaciaire au milieu du XIXe siècle»

PSI- Les causes de la fin du Petit Âge glaciaire au milieu du XIXe siècle 

Institut Paul Scherrer PSI – Villigen, 17.10.2018  

Au cours de la première moitié du XIXe siècle, une série de fortes éruptions volcaniques dans les Tropiques a provoqué temporairement un refroidissement global du climat terrestre. Le fait que, pendant la phase finale du Petit Âge glaciaire, les glaciers ont grandi avant de reculer à nouveau était un phénomène naturel. C'est ce qu'ont montré des chercheurs du PSI sur la base de carottes de glace. On pensait jusqu'ici que les émissions de suie liées à l'industrialisation au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle avaient déclenché la fonte rapide des glaciers à cette époque. Effectuée pour la première fois, l'analyse de la quantité de suie piégée dans la glace et ainsi archivée historiquement contredit aujourd'hui cette hypothèse. Les valeurs recueillies sur l'évolution temporelle des quantités de suie serviront par ailleurs aux chercheurs qui établissent des modèles climatiques pour l'avenir et qui pourront ainsi utiliser des données expérimentales sur l'influence de la suie d'origine industrielle. Les résultats de cette recherche ont été publiés aujourd'hui dans la revue spécialisée

The Cryosphere. 


Plus de détails sur le site de l’Institut Paul Scherrer <ICI>

vendredi 5 octobre 2018

«Environnement et biodiversité en milieu forestier. Les forêts riches en espèces absorbent deux fois plus de carbone, selon une étude conduite en Chine»

(ATS/AGIR) -Les forêts qui comptent de nombreuses espèces d'arbres absorbent deux fois plus de carbone que celles qui sont composées d'une seule sorte. C'est le résultat d'une étude menée en Chine qui pourrait profiter à la protection du climat. La Chine a lancé en 2009 une expérience sur l'importance de la diversité des espèces d'arbres dans les forêts. Une vingtaine d'universités et d'instituts chinois, allemands et suisses sont associés au projet près de Shangaï. C'est la plus grande expérience du genre au monde.

Dans une région montagneuse à 400 km à l'ouest de Shangaï, 500 parcelles de 670 mètres carrés chacune ont été replantées avec différentes quantités d'espèces dans chaque zone, de la monoculture jusqu'à 16 sortes, a indiqué vendredi l'Université de Zurich, qui participe à cette étude. Après huit années, les parcelles comptant 16 espèces d'arbres ont absorbé en moyenne 32 tonnes de carbone par hectare. Les zones de monoculture, en revanche, n'ont retenu en moyenne que 12 tonnes par hectare.

"Ces résultats ont une grande importance écologique et économique", souligne Bernhard Schmid, professeur à l'Université de Zurich et auteur d'un article publié dans la revue Science. Des projets de reforestation voient le jour un peu partout sur la planète, avec pour objectif la protection du climat. Contrairement à une idée reçue, la biodiversité des forêts n'empêche pas la productivité, au contraire. Si on extrapole les résultats obtenus en Chine au reste de la planète, un recul de 10% du nombre d'espèces d'arbres provoquera une perte de productivité estimée à 20 milliards de dollars par année. Ca montre bien qu'il faut éviter les monocultures dans les forêts, affirme le professeur zurichois.

Armande Reymond Journaliste RP
 

Biodiversité et puits de carbone

(ATS/AGIR) - Les forêts qui comptent de nombreuses espèces d'arbres absorbent deux fois plus de carbone que celles qui sont composées d'une seule sorte. 
C'est le résultat d'une étude menée en Chine qui pourrait profiter à la protection du climat. La Chine a lancé en 2009 une expérience sur l'importance de la diversité des espèces d'arbres dans les forêts. Une vingtaine d'universités et d'instituts chinois, allemands et suisses sont associés au projet près de Shangaï. C'est la plus grande expérience du genre au monde.

Dans une région montagneuse à 400 km à l'ouest de Shangaï, 500 parcelles de 670 mètres carrés chacune ont été replantées avec différentes quantités d'espèces dans chaque zone, de la monoculture jusqu'à 16 sortes, a indiqué vendredi l'Université de Zurich, qui participe à cette étude. Après huit années, les parcelles comptant 16 espèces d'arbres ont absorbé en moyenne 32 tonnes de carbone par hectare. Les zones de monoculture, en revanche, n'ont retenu en moyenne que 12 tonnes par hectare.

"Ces résultats ont une grande importance écologique et économique", souligne Bernhard Schmid, professeur à l'Université de Zurich et auteur d'un article publié dans la revue Science. Des projets de reforestation voient le jour un peu partout sur la planète, avec pour objectif la protection du climat. Contrairement à une idée reçue, la biodiversité des forêts n'empêche pas la productivité, au contraire. Si on extrapole les résultats obtenus en Chine au reste de la planète, un recul de 10% du nombre d'espèces d'arbres provoquera une perte de productivité estimée à 20 milliards de dollars par année. Ca montre bien qu'il faut éviter les monocultures dans les forêts, affirme le professeur zurichois.

Yuanyuan Huang, *& al., Science 05 Oct 2018:, Vol. 362, Issue 6410, pp. 80-83, DOI: 10.1126/science.aat6405

CLIMAT ET BIODIVERSITE / Armande Reymond– Journaliste RP,
document transmis par Luc Recordon

dimanche 30 septembre 2018

CLIMAT, NIVEAU DE LA MER, EFFETS MULTIMILLÉNAIRES.

Lectures de Jacques Dubochet : avril 2016, 360 – 368. Nature climate change 6

Conséquence de la politique du 21e siècle sur le climat et le niveau de la mer des 10 millénaires à venir .     P.U. Clark, ... T.F.Stocker, ... G.-K. Plattner.

Quand on pense à l’échauffement climatique, on pense à nous, nos enfants, nos petits enfants même, mais comment penser beaucoup plus loin ? Paris s’est penché sur ce qu’il adviendra à la fin du siècle, mais rares sont ceux qui mettent l’échauffement climatique dans sa juste échelle temporelle. C’est le sujet de ce papier. C’est impressionnant !
La figure 1 (ci-dessous) dit presque tout. D’abord, elle montre comment les évènements actuels sont extraordinaires et brutaux. Considérons 1b. Il y a 20'000 ans, nous étions au plus fort de la dernière époque glaciaire. La température était de 4° inférieure à la température actuelle. La concentration en CO2 était de 190 ppm. 10'000 ans plus tard, la concentration en CO2 était montée à environ 270 ppm, les glaces avaient fondu, le climat était devenu tempéré. Il est à peu près resté stable jusqu’au siècle passé. L’humanité a bien profité de ce temps, qu’on appelle l’holocène, qui lui a permis de devenir sédentaire, agricole et industrielle. L’époque ne fut pas tout à fait stable quand même ; il y a eu des moments où la température a varié de jusqu’à ±0.85°. La petite époque glaciaire du 12e au 17e siècle dont les peintures de Breughel illustrent la rigueur n’était due qu'au tiers de cela.  Notons que 0.85° correspond à l’élévation anthropogénique du dernier siècle – à la différence près que la variation actuelle est 10 fois plus rapide.
Qu’on le veuille ou non, le temps de combustion de gaz à effet de serre dans lequel nous nous vautrons ne durera pas. On peut jouer aux fous du CO2 encore quelques décades, mais la saillie s’arrêtera vite, soit parce que nous aurons décarboné notre civilisation par la sage politique décidée à Paris (zéro C avant 2050), soit parce que la décarbonation se fera par disparition des perturbateurs - notre civilisation ne tiendra pas 4° ou plus! Les anglophones appellent « draw down » le moment ou la concentration en CO2 recommence à diminuer. Quatre scénarios sont envisagés, le plus aimable correspond à l’objectif des 1.5° demandé par la COP21. Le plus dur est à 4 fois cette dose. L’effet estimé serait alors de 4,5°. Il est facile d'imaginer bien pire.
Si la montée de la concentration de CO2 et de la température sont très rapides, la redescente après draw down sera beaucoup plus lente. Il faut la compter en dizaines (pluriel) de milliers d’années.
Take home message : sur les graphes b et c de la figure, il n’y a que quelques années entre le cercle bleu foncé du présent et le carré rouge dénotant le moment où nous commencerons à freiner sérieusement notre folie. Eh oui, nous vivons actuellement un moment critique, quelques années de plus ou de moins déciderons de l’ampleur de la catastrophe que l’humanité devra surmonter durant les prochaines dizaines de milliers d’années !
Le problème est philosophique: que nous importent nos lointains descendants ? À mon sens, ce n’est que notre étroitesse d’esprit et notre égoïsme qui peuvent motiver notre indifférence.    

Clark, P. U., Shakun, J. D., Marcott, S. A… T.F. Stocker, . . . Plattner, G.-K. (2016). Consequences of twenty-first-century policy for multi-millennial climate and sea-level change. Nature Climate Change, 6(4), 360-369. doi:10.1038/nclimate2923

mercredi 12 septembre 2018

La révolution du partage – pourquoi, comment?

Depuis des années, l'émergence de grands donateurs individuels tels que Bill Gates et Warren Buffett, qui ont lancé en 2010 la charte «The Giving Pledge» et consacrent des milliards à des actions de développement (notamment dans le domaine de la santé, pour Gates), est un phénomène interpelant – y compris pour l'auteur de ces lignes, coopérant durant six ans dans les années 1970 et qui voyait l'aide au développement plutôt comme l'affaire des gouvernements ou d'associations «non personnalisées ». Ce mouvement, un vrai changement de paradigme, auquel s'associent maintenant Jeff Bezos, d'Amazon, et Mark Zuckerberg, de Facebook, est à l'évidence significatif et il ne s'agit pas de s'y montrer hostile – notamment compte tenu de la stagnation, voire la diminution des engagements publics (et même si ces philanthropes décident des objectifs des programmes qu'ils financent, ce qui peut poser question). Dans un article étoffé à ce sujet [1], Julie Rambal relève que la finance nouvelle génération va dans le même sens: «selon un sondage de U.S. Trust, trois quarts des millenials accordent la priorité aux objectifs sociaux dès qu'ils investissent».
Dans son numéro du 28 mai 2018 consacré aux «Next Generation Leaders», le magazine Time cite Chris Long, 33 ans, star du football US qui a donné l'entier de son salaire de base 2017, un million de dollars, à des œuvres caritatives, tout en apportant son aide pour rassembler deux millions supplémentaires – affirmant vouloir «tirer chaque goutte de mon potentiel pour améliorer les choses autour de moi». Une telle philanthropie privée n'a pas vocation à être seulement le fait de gens (très) riches. Selon Alexandre Mars, serial entrepreneur français quadragénaire qui a fait fortune en créant et revendant des entreprises aux Etats-Unis et se veut aujourd'hui «activiste du bien social », un mouvement large, sociétal se marque [2]. «Il y a une évolution réelle, une quête de sens de plus en plus partagée. Pas chez un nombre limité de philanthropes mais de nombreuses personnes aimeraient en faire plus, qui auparavant avaient des barrières à le faire […] Les générations précédentes s'intéressaient au moi, à toutes ces choses qui relevaient de notre nombril. Celle qui arrive veut clairement inscrire son histoire dans une optique plus large, elle exige de travailler dans une entreprise qui fait sens. […] Aujourd'hui, la deuxième question qu'un candidat pose dans un entretien d'embauche, ce n'est plus la taille du bureau ou si le bureau donne sur le lac, c'est 'Quelle est votre action sociale?'» [2]. 
«Cela est en rapport avec ce que nous voyons tous les jours, toutes ces inégalités que nous ne pouvons plus ignorer.» Mars vient de publier La révolution du partage (Flammarion, 2018) et, pour donner aux gens des pistes sur comment s'y prendre pratiquement, il a créé une start-up dénommée Epic.Peter Singer, le philosophe australien qui enseigne l'éthique à Princeton (et a souvent pris des positions décoiffantes, notamment sur les droits des animaux), s'intéresse au sujet, sur un mode objectif, utilitariste: «L'altruisme efficace est à la fois une philosophie et un mouvement social consistant à utiliser une démarche scientifique pour trouver les moyens de faire le maximum de bien […] C'est très bien de donner, mais il faut le faire intelligemment» [3]. Il cite le cas d'un de ses brillants étudiants qui, alors qu'il pouvait faire un doctorat de philo à Oxford, a choisi de se faire embaucher par un cabinet financier de Wall Street, après avoir calculé qu'il pourrait alors donner bien plus à des associations caritatives. Et de mentionner la création par des altruistes efficaces de «meta-charities» qui évaluent le travail d'autres organismes de bienfaisance (des méthodes «froides»… au risque peut-être de dérives technocratiques? –

notes de Jean Martin :

Révolution du partage? Well… beaucoup seront d'accord avec l'idée comme principe général, mais il y aura plus de réticences si elle nous touche directement, près de soi et de ses intérêts – le syndrome connu du NIMBY («Not in my backyard» – pas dans mon jardin). Au vu de certaines discussions sur les revenus médicaux, un meilleur partage ne devrait-il pas être réalisé au sein de notre propre profession – les faits montrent que c'est loin d'être facile. Pour avancer dans le bon sens, peutêtre avons-nous besoin d'une nouvelle éthique de la créativité, pour laquelle plaide Johan Rochel, jeune juriste et philosophe suisse qui se fait entendre [4]? Ou encore de nous laisser convaincre que l'espèce humaine, plutôt que d'être fatalement marquée par la compétitivité, voire l'agressivité, est la plus coopérative du monde vivant, comme l'affirment Servigne et Chapelle dans un ouvrage qui retient l'attention [5].

1 Et soudain la finance devint altruiste (article de J. Rambal). Le Temps, 30 décembre 2017, p. 6.
2 La révolution philanthropique est en marche! (interview par A.-S. Sprenger). Le Temps, 26 mai 2018, p. 28.  Voir aussi: Alexandre Mars, Le sens du partage. www. lexpress.fr/actualite, 2 juillet 2018.
3 La nouvelle éthique du don (interview par L. Geffroy). Le Temps, 30 juin 2018, p. 28.
4 Le Temps, 20 février 2018, p. 10.
5 Servigne P, Chapelle G. L'Entraide, l'autre loi de la jungle. Paris: Les Liens qui libèrent; 2017.

BULLETIN DES MÉDECINS SUISSES – SCHWEIZERISCHE ÄRZTEZEITUNG – BOLLETTINO DEI MEDICI SVIZZERI 2018;99(37):1252                      Date de publication : 12.09.2018 
Published under the copyright license "Attribution – Non-Commercial – NoDerivatives 4.0". No commercial reuse without permission. See: http://emh.ch/en/services/permissions.html


SANTE PUBLIQUE ET SOCIETE/ Jean Martin

jeudi 26 juillet 2018

CLIMAT, GLACIATION, DERNIER MAXIMUM GLACIAIRE, NIVEAU DES OCÉANS. - 487 - 8 (commentaire), 603 - 607 (article).

Lectures de Jacques Dubochet :  26.07.18. Nature 559, 7715

Épisode de rapide variation du niveau de la mer durant la dernière grande glaciation.

Je peine à voir clair dans la relation entre le niveau de la mer et le volume des calottes glaciaires. Les falaises des océans autour du monde nous indiquent que la mer est quelquefois une 100-aine de mètres au-dessus du niveau actuel ; on apprend aussi que le volume de glace de l’Antarctique correspondrait à une élévation de 61m de tous les océans ; etc. Mais tout cela n’est pas simple. D’abord, on se rappelle que la glace flottante ou fondue ne change rien au niveau des océans ; c’est Archimède. Ensuite, on sait que les continents flottent sur la croute terrestre. Ils montent et descendent comme des yoyo suivant l’épaisseur de glace qui y est accumulée. Bref, il n’est pas facile de savoir ce que devient le niveau de la mer en un lieu particulier en fonction de l’état de glaciation. 

Le présent article apporte quelques bonnes données. Les auteurs déterminent la variation du niveau global de la mer en Australie, très loin des glaces, en mesurant les profondeurs auxquelles vivaient et mouraient les coraux à l’époque précédant la fin de la dernière grande glaciation, c’est à dire il y a un peu plus de 20'000 ans. À cette époque la concentration en CO2 était de 100 ppm (le quart de la valeur actuelle) et la température était de 3 à 5 degrés plus basse qu’aujourd’hui. 

Le résultat surprenant et que, il y a 22'000 ans, le niveau de l’océan est descendu de 17m en 500 ans - c’est-à-dire plus de 3cm par année  – avant que ne commence la montée de la grande déglaciation. En 10'000 ans le niveau des océans est ainsi monté de 130m environ à un rythme moyen d’un peu plus de 1cm/an. Le niveau de l’océan s’est ensuite stabilisé jusqu’à ce dernier siècle sous l’effet de l'échauffement climatique que l’on connaît. 

Deux choses m’impressionnent dans ce résultat. 
-          Il confirme ce que l’on savait déjà : un refroidissement de 3-5° a des effets bouleversants sur ce que la Terre offre à la vie. Le réchauffement de 3 – 5° qui nous pend au nez aurait des effets différents, mais, probablement, pas plus faciles à digérer.
-          Quand le climat s’emballe, le changement peut être rapide. Dans le cas étudié, le changement du niveau de la mer a été 10 fois plus rapide que ce qui s’amorce dans l’autre sens actuellement. Ça promet !

Whitehouse, P. (2018). Ancient ice sheet had a growth spurt. Nature, 559(7715), 487-488. doi:10.1038/d41586-018-05760-3

jeudi 19 juillet 2018

ÉCONOMIE, MARCHÉ, TAXE, CARBONE, CO2 - 321-4 (Commentaire).

Lectures de Jacques Dubochet :  19.07.18. Nature 559, 7714

Mehling et al. Vaincre d’un  coup le protectionnisme et les émissions de CO2.

Trump a relancé la guerre du protectionnisme « Je taxe les biens que j’achète ailleurs pour protéger ceux produits ici ». Cette politique est néfaste au grand marché mondial. Est-elle néfaste dans la vision d’une écologie durable ? Je ne le sais pas, mais je sais que l’économie actuelle est néfaste à l’économie durable.
Ici est proposé un système de taxation qui soutiendrait les efforts pour diminuer la production de CO2. Il s’agit d’abord de renforcer la bonne idée de taxer les produits sur la base de l’émission totale de  CO2 induite par la fabrication du dit-produit. Actuellement, la taxe C est beaucoup trop faible pour être vraiment dissuasive. Ensuite, il faut corriger une distorsion illustrée par la carte ci-dessous.
Les pays bleus, gris et noirs produisent à l’étranger une part croissante du CO2 de ce qu’ils vendent. Par cela, ils échappent pour une grande part à la taxe CO2. Comme on le voit, le marché mondial est ainsi fortement déséquilibré. Les auteurs proposent d’introduire la BCA (border carbon adjustment) de manière à ce que le pollueur soit le payeur, même dans une économie mondialisée. La Suisse aurait alors une grosse facture à payer et la Chine serait, peut-être, en meilleure posture pour lutter contre sa pollution nationale.

Mehling, M. A., van Asselt, H., Das, K., & Droege, S. (2018). Beat protectionism and emissions at a stroke. Nature, 559(7714), 321-324. doi:10.1038/d41586-018-05708-7


GULF STREAM, CLIMAT, ATLANTIQUE NORD, ÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE. - 340 - 1 (News and Views), 387 - 91

Lectures de Jacques Dubochet :  19.07.18. Nature 559, 7714

L’affaiblissement du Gulf Stream ( ? ils parlent d’Atlantic Meridional Overturning Circulation, AMOC) produis un échauffement des eaux de surface des océans. (Chen & Tung).

Si le Gulf Stream s’arrête, l’Europe va geler. Tout le monde le sait. Mais ce n’est pas si simple. Actuellement, AMOC diminue d’intensité alors que la température des eaux de surface continue d’augmenter. Le phénomène est analysé ici et l’effet expliqué. Il s’agit d’un équilibre entre le courant de surface (rouge sur la figure) et le courant vertical (bleu). Dans la situation du Gulf Stream classique, le courant rouge se poursuit jusque vers les côtes de l’Europe. Un petit affaiblissement ne change pas son chemin général. Par contre, les modèles montrent que si l’affaiblissement devait être plus marqué, le courant profond viendrait à dominer et « avaler » le courant chaud vers les profondeurs. À quel moment l’inversion de régime aura-t-elle lieu ? L’incertitude est grande, mais on aimerait connaitre la réponse, ne serait-ce que pour savoir quand il faudra déménager vers la baie d’Hudson!



McCarthy, G. D., & Thorne, P. W. (2018). Sluggish Atlantic circulation could cause global temperatures to surge. Nature, 559(7714), 340-341. doi:10.1038/d41586-018-05712-x
Chen, X., & Tung, K. K. (2018). Global surface warming enhanced by weak Atlantic overturning circulation. Nature, 559(7714), 387-391. doi:org/10.1038/s41586-018-0320-y

COMBUSTIBLES FOSSILES, ÉCONOMIE, IRELANDE - 307 (Actualité)

Lectures de Jacques Dubochet :  19.07.18. Nature 559, 7714

La chambre basse irlandaise a décidé de désinvestir les quelque 9 milliards de placements de l’État dans les énergies fossiles. Le Premier ministre est favorable. La chambre haute va probablement suivre. 

jeudi 12 juillet 2018

CHINE, DÉVELOPPEMENT, BUTS DE L’ONU, DURABILITÉ, ÉCOLOGIE POLITIQUE. - 193 – 204.


Lectures de Jacques Dubochet : 12.07.18. Nature 559, 7713

Le programme d’urgence nationale chinois face à la crise environnementale. 

Un article exceptionnellement complet pour un projet d’une ampleur comme on n’en a peut-être jamais vu dans l’histoire.
Les prémisses sont claires : 20 ans d'expérience préliminaire, un espace comme 12 fois la France, une population d’un demi-milliard, un investissement de 400 milliards et la nécessité d’adopter un tout autre rythme d’intervention face à la catastrophe écologique en cours (désertification, gestion de l’eau, dégradation des sols par l’agriculture non durable, perte de diversité biologique). 

L’article affirme que les efforts de ces deux dernières décennies ont déjà apporté des résultats prometteurs. La forêt qui était tombée à 11% de la surface nationale et remontée à 22%. La charge de limon du Yangtze qui était la plus élevée des grands fleuves du monde a été réduite de 90% ( ?) par les séries de barrages construits en amont (déplacement du problème ?), etc.

Le programme reprend 16 des 17 buts du développement durable de l’ONU et analyse comment les réaliser. Les moyens matériels envisagés sont à la hauteur du programme. Les moyens de gouvernances font aussi partie du programme. Que faire, par exemple, quand l’agriculture de tout une région s’effondrer face à la désertification induite par les conditions climatiques et les méthodes de culture. Réponse : déplacer des millions de personnes  et reforester tout en assurant revenu et autonomie aux personnes déplacées. Facile à dire, et en le disant les auteurs expliquent pourquoi seule la Chine est capable de mettre sur pied un tel programme qui pourra servir de modèle aux autres pays du monde. La Chine est une dictature. Les auteurs n’utilisent pas le mot, mais ils semblent être réalistes quant aux forces et aux faiblesses gouvernance chinoises. Et nous, qu’en  disons-nous ?L’UNIL et le canton de Vaud ont mis sur pied le programme « Volteface » parce que, face à la catastrophe climatique qui nous pend au nez, il faut faire volteface, plutôt que de continuer tranquillement comme si de rien n’était. Bravo Volteface, mais ce ne sont encore que des mots. Pour ce qui est de l’action, nous en sommes encore aux balbutiements. La Chine est-elle capable de réaliser la nécessaire  volteface ? J’ai bon espoir, mais quels seront les dégâts collatéraux. Il y a de quoi s’inquiéter.

 Bryan, B. A., Gao, L., Ye, Y., Sun, X., Connor, J. D., Crossman, N. D., . . . Hou, X. (2018). China's response to a national land-system sustainability emergency. Nature, 559(7713), 193-204. doi:10.1038/s41586-018-0280-2

mercredi 11 juillet 2018

Sur le front du climat (et de l’effondrement?)

La société politique et économique dort – ou est très myope

Jean Martin                               Date de publication : 11.07.2018

Bertrand Kiefer, dans la Revue médicale suisse du 18 avril [1], parle de plusieurs articles du New Scientist du 20 janvier 2018, dont un intitulé «There are disturbing hints that Western civilization is starting to crumble». Extrait: «Oui, nous assistons à l’amorce d’une fin, voire d’un effondrement (collapse). La civilisation occidentale qui s’est mondialisée n’a rien de durable – entre autres par une perte de complexité […] Soit nous réduisons notre dépendance aux énergies fossiles, diminuons les inégalités et trouvons un moyen de diminuer les conflits, soit nous disparaîtrons.» Bien sûr, il y a toujours eu des prophètes de malheur, mais …

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Publié dans le BULLETIN DES MEDECINS SUISSE

jeudi 14 juin 2018

ANTARCTIQUE, CHANGEMENT CLIMATIQUE, GOUVERNANCE - 161, 199 – 241.


Lectures de Jacques Dubochet : 14.06.18. Nature 558, 7709.

Le point sur l’Antarctique. 

Un éditorial et cinq gros articles sur l’état d’une masse de glace qui contient plus de 60% de l’eau douce de la Terre (y compris les nappes phréatiques) et dont l’histoire est écrite mieux que n’importe où ailleurs dans les forages qui portent actuellement sur 800'000 ans et, peut-être bientôt, sur 2 millions d’années. L’article par Brook et Buizert fait le point.

Le traité sur l’Antarctique de 1959 avait assuré une paix relative sur ce continent où il n’y avait rien à tirer – hormis la pêche – mais où tous les puissants – USA en tête – voulaient garantir leur position – on ne sait jamais. Seule la recherche est autorisée. Toute exploitation du sol est bannie jusqu’en 2048 au moins. Le traité ne fonctionne que par la bonne volonté des 53 nations signataires qui ont toutes droit de véto sur les décisions. La limite du traité est évidente , par exemple, par la façon dont les Japonais narguent l’interdiction de pêcher dans le territoire.

Pourtant la situation est en train de changer en raison de l’attrait touristique – eh oui, cela semble peu de chose, mais cela représente une nouvelle façon de voir le continent - et parce que le continent est en train de se dégager sous l’effet de l’échauffement climatique. Dans les siècles et millénaires avenir, il sera le principal contributeur à l’élévation du niveau des océans que l’on peut prévoir entre quelques mètres, si le monde applique les mesures sévères convenues à Paris ou, près de 100m si nous laissons le climat nous échapper complètement. Dans ce cas, la Hollande n’existera évidemment plus et, de Paris, il restera une mini-ile à Montmartre. La différence entre ces deux possibilités est significative(!). L’inéluctable montée de quelques mètres est la conséquence de l’activité humaine durant le siècle passé. Continuera-t-on vers 100m ? L’article par Rintoul et al. analyse comment les actions de ces prochaines décades feront la différence.

L’Éditorial conclut à la nécessité de redéfinir la gouvernance de ce continent. Le défi est exemplaire. Il nous dira sans échappatoire comment et combien nous sommes capables de gérer le « vivre ensemble » sur la Terre.

Éditoriale. Reform the Antarctic Treaty. (2018). Nature, 558(7709), 161. doi:10.1038/d41586-018-05368-7

Brook, E. J., & Buizert, C. (2018). Antarctic and global climate history viewed from ice cores. Nature, 558(7709), 200-208. doi:10.1038/s41586-018-0172-5