jeudi 28 mars 2019

28.03.2019 Nature - Lectures de Jacques

28.03.2019 Nature 567, 7749

-438. GEOTHERMIE, ÉNERGIE, RISQUE, TREMBLEMENTS DE TERRE. GPclim

Géothermie et tremblements de terre. Il faut faire attention. (Seven days)
Une centrale de géothermie, qui favorise la montée d’eau chaude en injectant un fluide dans la roche profonde (comme ce fut le cas à Bâle), a induit le tremblement de terre (5,4) le plus dommageable (200 millions) de l’histoire moderne en Corée du Sud.
En principe, c’est très bien la géothermie, mais il va falloir que les géologues assurent la maîtrise de leurs failles.

-442-3. GLACIOLOGIE, PALEOCLIMAT, ANTARCTIQUE. GPclim

Le carottage des glaces arctiques nous a révélé 800'000 années de climat. Très précieux. Revenir plus en arrière est difficile parce que, en arrivant à cette époque, on touche le fond. Il faisait chaud. Fini la glace. Non, pas tout à fait. Quand la nouvelles glace a commencé à se déposer il y a 800'000 ans, il restait de la glace par endroit. C’est cette glace fossile, sous la glace récente, qu’il s’agit d’aller creuser. Sous le dôme C de l’Est-Antarctique à 2,7 km, elle devrait dater de 1,5 million d’années. Deux équipes se préparent à creuser, les Européens (avec nos Suisses ?) et les Australiens.
Peut-être comprendra-t-on mieux pourquoi le cycle climatique de 100'000 ans que nous révèlent les glaces semble avoir été précédé d’un cycle de 40'000 ans.

-451-4. ÉCONOMIE, CONSERVATION, FORÊT TROPICALE, SOJA. Antoine, GPclim

jeudi 21 mars 2019

21.03.2019 Nature - Lecture de Jacques

21.03.2019 Nature 567, 7748

- 283, 302 – 3. AGRICULTURE, ANTIBIOTIQUES, RÉSISTANCE. GPclim

Action désespérée (édito).
Les plantations de citronniers en Floride et en Californie sont attaquées par une bactérie. C’est grave. En Floride, 90% des arbres vont probablement mourir et la maladie s’étend aux orangeraies. Il s’agit d’une industrie à 10 milliards annuels. Ce mois, la FDA (Food and Drug Administration) va lancer son plan de sauvetage : sprayage massif plusieurs fois par années avec deux antibiotiques médicaux à large spectre, la streptomyxine et l’oxytetracycline.
Sprayer dans la nature 440 tonnes (la quantité qui serait autorisée) de ces précieux médicaments semble être une folie invraisemblable alors que la montée des résistances aux antibiotique devient un problème médical majeur.
De plus, tuer spécifiquement les bactéries sur de vastes régions aura un effet écologique probablement important et certainement imprévisible. 
Notons que la bactérie ne vient pas toute seule. Elle est transportée par un insecte, la psyllide. D’habitude c’est à elle que l’on s’attaque, d’autant plus que chacune des nombreuses espèces de ce papillon est très spécifique quant à sa plante hôte. On devrait pouvoir concevoir une stratégie mieux ciblée.

-285. BANQUE MONDIALE, PROCÈS POPULAIRE, GPclim

dimanche 17 mars 2019

17.03.2019 Nature - Lectures de Jacques


- 145, 165 – 168. BIOTECHNOLOGIE, MANIPULATION GÉNÉTIQUE, EMBRYON HUMAIN. Alain K, Lazare,
La naissance en février de deux jumeaux dont le génome est probablement manipulé a induit un cri de réprobation unanime dans le monde de la biotechnologie comme dans celui de l'éthique : halte, pas de ça ; on ne touche pas le génome des cellules germinales ! L'auteur de la manipulation est dénoncé comme un affreux tricheur. Il a été licencié de son université de Shenzhen. Il semble qu'on l'ait fait disparaître.
Seulement voilà, on ne fera pas disparaître le désir d'agir sur l'ADN humain dans quelque but que ce soit. Il est donc urgent de s'entendre sur des règles qui devront être contraignantes, mais pas trop. L'insipide éditorial de ce numéro ne nous y aide pas beaucoup. L'analyse plus approfondie par des pontes historiques de la manipulation génétique (Lander et al.), dont certains des contributeurs actuels, est plus substantielle. Ces auteurs demandent fermement un moratoire sur l'édition du génome héritable, mais veillent à préserver à peu près toutes les autres options. 

jeudi 7 mars 2019

07.03.2019 Nature 567,7746 - lectures de Jacques

-15-16. PUBLICATION, LIBRE ACCÈS, UC, ELSEVIER Gilles
 L’Université de Californie - les plus grands systèmes d’université US – a rompu les négociations avec Elsevier. Pourtant 18% des chercheurs de l’UC ont publié avec Elsevier. Le « y’en a marre » s’étend.

-39-40, 4 articles de 66 – 86.
PHYSIQUE DU SOLIDE, BICOUCHE ATOMIQUE, MOIRÉ. Les chimistes et les physiciens.

Nous avons récemment rapporté que deux couches monoatomiques de graphène légèrement tournées l’une par rapport à l’autre peuvent devenir supraconductrices. Ici sont étudiés (entre autres) des disélénides de Mo ou W qui comme le graphite peuvent se peler en monocouches. Des effets moirés sont obtenus en combinant des monocouches de périodes légèrement différentes ou des bicouches tournées l’une par rapport à l’autre. Contrairement au graphène (conducteur), ces alliages de Se sont plutôt des semi-conducteurs. En bicouches moirées, ils présentent des possibilités extraordinaires – et ajustables - pour jouer avec les électrons mobiles. Par exemple, que devient la photoémission quand les électrons sont corrélés dans le réseau moiré ? Dans un cas rapporté ici, il est constaté que la longueur d’onde reste la même, mais que la largeur de bande est 100 fois plus fine. C’est dire si le phénomène porte la marque de corrélation quantique. 

vendredi 22 février 2019

La biodiversité, si cruciale pour notre alimentation et notre agriculture, disparaît de jour en jour

La FAO (1) publie le tout premier rapport mondial sur l'état de la biodiversité qui sous-tend nos systèmes alimentaires
De nombreuses espèces associées à la biodiversité, telles que les abeilles, sont gravement menacées.

22 février 2019, Rome - Le premier rapport du genre sur l’état de la biodiversité pour l’alimentation et l’agriculture présente des preuves de plus en plus tangibles et inquiétantes que la biodiversité qui sous-tend nos systèmes alimentaires est en train de disparaître, menaçant gravement l'avenir de notre alimentation, de nos moyens de subsistance, de notre santé et de notre environnement.
Une fois perdue, prévient le rapport de la FAO diffusé aujourd'hui, la biodiversité pour l'alimentation et l'agriculture -- c'est-à-dire toutes les espèces qui sous-tendent nos systèmes alimentaires et soutiennent les personnes qui cultivent et/ou produisent notre nourriture - ne peut plus être récupérée.

La biodiversité pour l'alimentation et l'agriculture comprend toutes les plantes et tous les animaux –sauvages et d’élevage – qui fournissent de la nourriture aux humains, des aliments pour les animaux, des combustibles et des fibres. C'est aussi la myriade d'organismes qui soutiennent la production alimentaire par le biais de services écosystémiques et qu’on appelle la «biodiversité associée». Cela inclut toutes les plantes, animaux et micro-organismes (tels qu'insectes, chauves-souris, oiseaux, mangroves, coraux, herbiers, vers de terre, champignons et bactéries du sol) qui maintiennent la fertilité des sols, pollinisent les plantes, purifient l'eau et l'air, gardent les poissons et les arbres en bonne santé, et combattent les parasites et les maladies des plantes et du bétail.
Le rapport, élaboré par la FAO sous la direction de la Commission des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture, examine tous ces éléments. Il s’appuie sur les informations fournies spécifiquement pour son élaboration par 91 pays et sur l'analyse des dernières données mondiales.

«La perte de la biodiversité pour l'alimentation et l'agriculture compromet sérieusement notre capacité à alimenter et à nourrir une population mondiale en croissance constante. Cela réduit notre efficacité face aux défis croissants du changement climatique et limite notre capacité à cultiver sans nuire à l’environnement», a déclaré notamment M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.

«Moins de biodiversité signifie que les plantes et les animaux sont plus vulnérables aux parasites et aux maladies. En plus de notre dépendance à l’égard d’un nombre décroissant d'espèces pour nous nourrir, la perte croissante de la biodiversité pour l'alimentation et l'agriculture met en péril notre sécurité alimentaire déjà fragile», a encore dit M. Graziano da Silva
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                                                          Lecture proposée par Marc Treboux.


(1) Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) est l’agence spécialisée des Nations Unies qui mène les efforts internationaux vers l’élimination de la faim.

mardi 22 janvier 2019

Les nappes phréatiques: de potentielles "bombes à retardement"

L'alimentation des nappes phréatiques va se trouver elle aussi affectée par le dérèglement climatique, met en garde une étude.

(ATS/AGIR, 22.01.2019) - Les eaux souterraines sont aujourd'hui la première source d'eau potable de la planète, et deux milliards de personnes en dépendent pour boire ou pour l'irrigation. Une nappe phréatique se remplit lentement grâce aux précipitations, un phénomène appelé "recharge", et se décharge dans les lacs, les rivières ou les océans pour trouver un équilibre.

Ces réserves sont déjà sous pression de l'explosion de la population mondiale et de la production agricole qui lui est liée. Mais les événements météorologiques extrêmes (sécheresses, précipitations record...), qui se multiplient avec le réchauffement de la planète, pourraient avoir un effet à long terme sur la vitesse de réapprovisionnement des nappes, selon une étude publiée dans la revue Nature Climate Change.

lundi 10 décembre 2018

COUVERTURE VÉGÉTALE - La Terre a verdi de 1982 à 2016

Un résultat qui surprend plaisamment.

On a tendance à croire que la couverture végétale tend à diminuer. Ce ne fut pas le cas durant ces 34 dernières années. Globalement la couverture végétale a crû de 7%. Elle a en effet diminué bien dans les régions tropicales, mais elle a augmenté davantage dans les autres régions. Les régions sans couverture végétale ont diminué de 3%, essentiellement par extension de l'agriculture. Pour 60% le changement est dû aux activités humaines, le reste est conséquence de l'échauffement climatique.

Song, X. P., Hans en, M. C., Stehman, S. V., Potapov, P. V., Tyukavina, A., Vermote, E. F., & Townshend, J. R. (2018). Global land change from 1982 to 2016. Nature, 560(7720), 639-643. doi:10.1038/s41586-018-0411-9 

COUVERTURE VÉGÉTALE, AGRICULTURE, RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE./ Jacques Dubochet

mardi 4 décembre 2018

Climat: Le Conseil national est entré en matière sur la révision de la loi sur le CO2. Le National a prévu quatre jours pour discuter de cette révision

ATS/AGIR) - Le Conseil national a empoigné lundi la révision totale de la loi sur le CO2 qui l'occupera plusieurs jours. L'entrée en matière a été acceptée par 125 voix contre 62. La loi sur le CO2 doit permettre à la Suisse de tenir les engagements de l'Accord de Paris et de limiter le réchauffement climatique mondial à 2 degrés, voire 1,5 degré. Selon le projet, la Suisse devrait réduire d'ici à 2030 ses émissions de gaz à effet de serre de moitié par rapport à 1990. Les réductions nationales devraient représenter au minimum 60% du total et celles à l'étranger au maximum 40%. Le National a prévu quatre jours pour discuter de cette révision alors que se déroule la conférence de l'ONU sur les changements climatiques à Katowice, en Pologne, où la Suisse a annoncé une aide de 120 millions de dollars pour aider les pays en développement à réduire leurs propres émissions.

La révision passe par une hausse du prix de l'essence de 8 centimes par litre combattue aussi bien à droite qu'à gauche. Certains parlementaires veulent limiter la majoration à 5 centimes, alors que d'autres veulent fixer le plafond à 12, 13 voire 20 centimes. La question d'une taxe sur les billets d'avion sera également débattue. Rayon sanction, les règles applicables aux entreprises s'engageant à réduire leurs émissions pour se faire rembourser la taxe sur le CO2 devraient être durcies.

Armande Reymond Journaliste RP
 Av. des Jordils 3 – Case postale 1080 – 1001 Lausanne
( 021 613 11 31 – Fax 021 613 11 30

samedi 1 décembre 2018

Dialogue intergénérationnel sur les grands enjeux – Une réussite à l’UNIL sur le thème du climat

Signé : Jean Martin, membre de la Commission scientifique GPclimat
30 novembre 2018

Devant les défis qui nous sont lancés quant à l’avenir de la planète et celui des générations futures, il est essentiel de promouvoir des échanges entre jeunes et moins jeunes - ou plus du tout jeunes, d’avoir un dialogue adéquatement informé. C’est l’un des buts de l’association « Grands parents pour le climat », lancée en 2014 en Suisse romande, qui compte maintenant une demi-douzaine de groupes régionaux et plus de 500 membres.

Jeudi 29 novembre, avec l’aimable et efficace collaboration de l‘Université de Lausanne, en particulier de son Centre interdisciplinaire de la durabilité, dans le dicastère du Vice-recteur Benoit Frund, les GPclimat invitaient à une manifestation intitulée « Agir ensemble pour le climat ». Avec deux orateurs de haut vol : Martine Rebetez, figure de la climatologie de notre pays, et Jacques Dubochet, nobélisé il y a un an – et qui, dans les très nombreux interviews auxquels il a été soumis, a souvent mentionné sa qualité de membre de la première heure des GPclimat. Le public a répondu à l’invitation, plus de 400 personnes dans une salle comble (on a dû demander aux jeunes présents de s’asseoir par terre pour laisser de la place aux seniors…).

L'actualité scientifique de Jacques en novembre 2018

29.11.18. Nature 563, 7733

613-5. GÉOINGÉNIEURIIE, CLIMAT, MICROPARTICULES

Les atténuateurs de soleil Jeff Tollefson.

J'aimerai qu'on évite la géoingénieurie parce que sa mise en œuvre poserait d'immenses problèmes pour lesquels nous n'avons pas de solutions. Pourtant devant l'emballement climatique et la vraisemblable panique qui en résultera quand les gouvernements se rendront compte de la situation, on risque bien de ne pas y échapper. Je suis donc avec inquiétude les développements dans ce domaine.

Une équipe de Harvard veut commencer dès l'an prochain l'expérience SCoPEx (Stratospheric Controlled Perturbation Experiment) afin d'étudier la possibilité de réfléchir une partie du rayonnement solaire en injectant des microparticules de carbonate de calcium (CaCO3) dans la stratosphère (>20km). Il s'agit de vérifier l'hypothèse selon laquelle, pour la bagatelle de 10 milliards de $ par an, on pourrait abaisser la température globale de 1.5°. Toutefois, nous ne perdons pas de vue vue que la démarche proposée peut retenir le flux solaire au sol, mais ne fait rien pour ralentir l'augmentation du CO2, bien au contraire.